Haut-Karabakh: les habitants de Stepanakert improvisent une boulangerie souterraine

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Les combats se poursuivent dans le Haut-Karabakh entre l’Azerbaidjan et les militaires de la République auto-proclamée en dépit de l’annonce d’un nouveau cessez-le feu. À Stepanakert, près de 70% de la population a fui, mais pour ceux qui restent, il faut organiser le ravitaillement. Reportage dans une boulangerie improvisée de Stepanakert.

Avec nos envoyés spéciaux à Stepanakert, Anastasia Becchio et Richard Riffonneau

L’odeur du pain chaud se répand dans un parking souterrain d’un immeuble de dix étages. Au fond du couloir, derrière une bâche bleue, des hommes sortent des pains du four et les entreposent sur des charriots. Dans un coin, un pétrin électrique tourne à plein régime.

Guevorg Aratunian, étudiant en 3e année d’histoire à l’université du Haut-Karabakh, a été réquisitionné pour travailler ici 12 heures par jour. « On fait des roulements : une première équipe travaille de 10h à 22h et la deuxième de 22h à 10h du matin. On fabrique du pain pour les soldats, mais avant tout pour nourrir la population de Stepanakert. »

Les pains sont ensuite distribués gratuitement par des volontaires qui les apportent dans les abris souterrains. D’autres viennent eux même les chercher. Le lieu stratégique est protégé par des militaires.

Arman, la cinquantaine, qui a travaillé comme boulanger dans le passé, est venu mettre ses compétences au service de la population. « Je n’ai jamais voulu partir. Ici, c’est notre terre, c’est notre patrie. Nous travaillons ici avec des boulangers professionnels mais aussi avec beaucoup de volontaires. »

Combien de pains sortent quotidiennement de ce parking ? Le boulanger refuse de donner un chiffre : c’est secret défense.

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