Haut-Karabakh: les habitants de Latchin fuient vers la ville de Goris

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Avec les combats qui se poursuivent et l’armée azerbaidjanaise qui continue sa progression au sud et près du corridor de Latchin, principale voie de passage entre le Haut-Karabakh et l’Arménie, les habitants fuient les bombardements. Beaucoup ont trouvé refuge à Goris, la première grande ville après la frontière arménienne.

Avec nos envoyés spéciaux, Anastasia Becchio et Richard Riffonneau

Une jeune femme tente de calmer son nourrisson à l’entrée du centre de distribution d’aide alimentaire. Avec ses sept enfants, elle est arrivée il y a deux jours de Latchin. « On ne pouvait plus rester là-bas », glisse-t-elle dans un sourire mêlé de tristesse et s’excuse de ne pas avoir le cœur à parler. Suren, 16 ans, tire vers elle un gros sac rempli de vivres. Ce jeune habitant de Goris est volontaire ici depuis 1 mois.

« Nos soldats meurent au front, et nous, on aide comme on peut, en attendant que vienne notre tour de partir aussi au front. En face ils ont des drones, ils ont du matériel, mais nous, on a l’esprit », explique le jeune homme.

Dans un grand hall, des boites de conserves, des sacs de farine, de riz, sont entreposés. Chaque soir, des camions venus de toute l’Arménie livrent les denrées récoltées grâce aux dons. Les traits tirés, Irina Ioulian, adjointe au maire de Goris supervise les opérations de distribution de l’aide alimentaire

« Ca fait plus d’un mois que la guerre a débuté et depuis, les volontaires, la population, travaillent jour et nuit pour tenter d’apaiser la douleur de nos invités. Quasiment tous les hommes en âge de combattre sont partis défendre la patrie. Ces jeunes ici sont des mineurs, mais ils font un travail aussi important que nos hommes sur le front, ils défendent un quelque sorte l’arrière front », détaille-t-elle.

Les réfugiés représentent aujourd’hui près de 10% de la population de Goris. La plupart souhaitent rester ici, près de la frontière pour ne pas trop s’éloigner de leurs proches restés sur le front.