Haut-Karabakh: la conclusion du cessez-le-feu provoque une vive crise politique en Arménie

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Alors que les combats s’arrêtent dans le Haut-Karabakh après le cessez-le-feu proclamé dans la nuit de lundi à mardi, une crise politique s'amorce à Erevan. Le président arménien tente désormais de prendre le pouvoir au Premier ministre Nikol Pachinian, qui a signé cet accord sous l’égide de Moscou. Sur place, la tension est palpable.

Encore choqués, parfois très en colère et souvent profondément tristes : les habitants d’Erevan se sont réveillés ce mardi avec un goût amer dans la bouche avec la fin d’une guerre de six semaines, annoncée en pleine nuit, rapporte notre envoyée spéciale à Erevan, Anissa El Jabri

Sur le terrain, un peu moins de 2 000 soldats russes continuent à se déployer sur la ligne de front, un déploiement parfois compliqué. À Choucha mardi matin, des soldats arméniens refusaient d’abandonner le combat. Cette ville symbole, tant pour Bakou que pour Erevan, va rester sous le contrôle de l’Azerbaïdjan, comme stipulé dans l’accord.

Le Haut-Karabakh se réveille lui amputé d’un territoire, sans aucune garantie sur son futur statut, et avec sept districts voisins qui doivent être rendus à l’Azerbaïdjan.

Le président arménien pas au courant de l’accord

Ces pertes territoriales sont le déclencheur d’une crise politique ouverte en Arménie, le président disant ne pas avoir été mis au courant de cet accord : Armen Sarkissian cherche désormais à constituer un gouvernement d’unité nationale. Lundi, avant même la fin de la guerre, toute l’opposition demandait le départ du Premier ministre Nikol Pachinian.

Autant de tension dans une Erevan sur les nerfs, où l’on voit des des réservistes en treillis qui crient leur colère dans les rues et des rumeurs de coup d’État qui circulent.

Irruption de manifestants dans le siège du gouvernement

Lundi soir, à l'annonce du cessez-le-feu, des heurts ont éclaté dans la capitale arménienne. Des milliers de manifestants en colère ont pris d’assaut les environs du siège du gouvernement. Des centaines d’entre eux ont même réussi à faire irruption dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux.

Pareil du côté du Parlement, dont le président a été victime d’agressions. « Des centaines et sans doute des milliers de nos jeunes sont morts depuis le 27 septembre, début des hostilités, pour ce conflit. Et là, nous rendons les armes et nous abandonnons une partie de notre territoire », disaient les Arméniens.