Haut-Karabakh: Amnesty appelle à rapidement enquêter sur les morts civils

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La guerre au Haut Karabakh est terminée depuis deux mois. Si l'essentiel des morts sont des militaires, les civils ont eux aussi été visés par des attaques dont Erevan comme Bakou sont responsables. C'est ce que juge un rapport d'Amnesty International rendu public ce jeudi 14 janvier.

Amnesty International appelle l'Azerbaïdjan et l'Arménie à ouvrir rapidement des enquêtes sur l'usage par les deux camps « d'armes imprécises et aveugles » ayant visé des zones civiles lors de récents combats au Haut-Karabakh.

« Les deux côtés ont choisi d'utiliser des armes, des munitions qui manquent totalement de précision, explique Donatella Rovera, principale conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, au micro d'Anissa El Jabri, du service International de RFI. Et de les utiliser dans des villages, dans des villes, dans des quartiers résidentiels où il n'y avait que des civils, y compris des bombes en grappes qui sont interdites au niveau international. ces armes ont une marge d'erreur de centaines de mètres. »

Preuves évidentes

Entre fin septembre et début novembre, des combats ont opposé les troupes azerbaïdjanaises et les soldats de la république autoproclamée du Haut-Karabakh, soutenus par Erevan. Les affrontements se sont soldés par la défaite de cette république, contrainte de céder d'importants territoires à l'issue d'un cessez-le-feu signé sous le parrainage de Moscou.

Les deux parties du conflit nient avoir pris pour cible des civils « malgré des preuves évidentes qu'elles l'ont toutes deux fait », selon Amnesty International. L'ONG assure avoir analysé « 17 frappes des forces arméniennes et azerbaïdjanaises ayant tué des civils », mais aussi avoir « visité des dizaines de sites frappés ». Huit de ces bombardements sont le fait des forces arméniennes, qui ont tué 72 civils azerbaïdjanais, et neuf ont été menés par Bakou sur le Haut-Karabakh et une ville d'Arménie, tuant 11 civils.

Réparations

La conseillère d'Amnesty pointe ainsi les nombreuses « attaques, beaucoup de munitions qui sont tombées dans des quartiers civils et qui n'ont pas fait heureusement de morts. ce qui aurait pu être le cas. C'est pour cela que nous avons demandé aux deux côtés d'enquêter, de faire en sorte que ceux qui ont été responsables pour la prise de décision et pour l'exécution de ce genre d'attaques indiscriminées aient à rendre des comptes, et pour que les victimes puissent faire l'objet de réparations, puissent atteindre justice. »

Amnesty International évoque l'exemple d'un bombardement sur la ville arménienne de Martouni le 27 septembre, premier jour des combats, qui a tué une fillette de huit ans et blessé son frère de deux ans. Dans la ville azerbaïdjanaise de Gandja, Ramiz Gahramanov, 64 ans, explique lui avoir perdu sa fille et trois petits-enfants le 17 octobre, jour où 21 civils ont été tués lors d'une attaque de missiles balistiques, dont l'usage est aussi dénoncé par l'ONG.

Selon Amnesty, les six semaines de combats ont coûté la vie à plus de 6 000 personnes, en majorité combattants, mais aussi à 146 civils.

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