Pour le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, "Marioupol va rester gravée dans notre conscience collective"

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Filippo Grandi, Haut-Comissaire des Nations Unies pour les réfugiés, le 10 mai 2022. - BFMTV
Filippo Grandi, Haut-Comissaire des Nations Unies pour les réfugiés, le 10 mai 2022. - BFMTV

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"Il y a 5,7 millions de réfugiés syriens [...] c'est exactement le même nombre que les réfugiés ukrainiens qui ont quitté l'Ukraine depuis février dernier". En déplacement à Bruxelles pour une conférence sur la Syrie, Filippo Grandi a dressé un parallèle entre la situation de ce pays et l'Ukraine, tous deux marqués par le départ de leur population.

"Il y a toujours une très grande imprévisibilité dans cette situation, les images que nous voyons tous et que les Ukrainiens vivent au jour le jour, les images de bombardements massifs... Tout cela terrifie les gens qui fuient", explique le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés sur BFMTV.

La guerre entre Kiev et Moscou entraîne avec son lot de victimes une crise migratoire importante en Europe, les Ukrainiens fuyant massivement les zones de conflit. Après Kharkiv et Marioupol, une autre ville préoccupe les autorités: Odessa.

"Depuis quelques semaines nous avons mis en place avec le gouvernement ukrainien et les pays voisins des plans d’urgence en cas d’exode de la population d’Odessa, une ville d'un million d'habitants", assure le diplomate.

"Marioupol aura son nom parmi ces noms tragiques"

Évoquant sur notre antenne la situation "tragique, dramatique et inacceptable" de Marioupol, Filippo Grandi estime que la ville portuaire "aura son nom parmi ces noms tragiques des tâches terribles dans notre conscience humanitaire".

"Je pense que Marioupol va rester gravée dans notre conscience collective, comme Kigali en 1994, Sarajevo ou Srebrenica. Les grandes tragédies humanitaires de notre époque contemporaine", estime-t-il.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies indique que ce sont ceux qui ne peuvent pas fuir les combats et que les organisations humanitaires ne parviennent à joindre qui les préoccupent le plus.

"Ceux qui ne peuvent pas être réfugiés ou déplacés car empêchés, bloqués, assiégés dans les villes bombardées. Ce sont eux, les plus difficiles à joindre par les organisations humanitaires, qui sont ceux dans le plus grand besoin", déclare-t-il.

Les besoins n'en restent pas moins urgents pour les populations qui quittent les pays, "surtout des femmes, des enfants et des personnes agées ou handicapées', énumère Filippo Grandi, "c'est un exode extrêmement vulnérable".

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"Il y a beaucoup de zones auxquelles nous n'avons pas accès"

Le diplomate n'a également pas pu confirmer que Moscou déporte une partie de la population ukrainienne vers la Russie, ce qu'affirme Kiev depuis plusieurs semaines: "notre accès aux réfugiés ukrainiens qui se trouvent en Russie est extrêmement limité, nous avons demandé au gouvernement ukrainien des listes de noms pour soulever cette question côté russe". En outre, le Haut-Commissaire ne peut pas non plus confirmer l'existence de camps dits de "filtration": "pour cela il faudrait avoir un contact direct avec les personnes qui ont subi ce sort".

"Cela serait gravissime", estime toutefois Filippo Grandi, "il y a beaucoup de zones en Ukraine où nous n'avons pas accès".

Malgré la crainte d'un conflit qui s'enlise ce qui représenterait "une grande angoisse" pour le diplomate, ce dernier constate un retour progressif d'Ukrainiens vers leurs foyers et ce, malgré la poursuite des combats.

"C'est à eux de juger si c'est sûr ou pas de rentrer [...] il faut bien se souvenir cependant que la destruction a été massive dans certaines villes", relève Filippo Grandi, affirmant dans le même temps que les organisations humanitaires aideront "au maximum" ces Ukrainiens désireux de rentrer chez eux.

Article original publié sur BFMTV.com

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