La hausse des prix aux USA ne suffit pas à enrayer celle des actions

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LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN HAUSSE

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi et certaines ont inscrit de nouveaux plus hauts en profitant de l'élan donné par Wall Street, qui ignore pratiquement les nouveaux signes d'accélération de l'inflation pour privilégier l'augmentation des dépenses budgétaires en vue aux Etats-Unis.

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,75% (48,4 points) à 6.484,11 points après un plus haut de plus de 20 ans à 6.493,72.

A Londres, le FTSE 100 a avancé de 0,04% et à Francfort, le Dax a pris 0,74%.

L'indice EuroStoxx 50 a terminé sur une hausse de 0,78%, le FTSEurofirst 300 de 0,59% et le Stoxx 600 de 0,57%, après avoir inscrit en séance un record à 450,07.

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le vert, le Dow Jones prenant 0,33%, le Standard & Poor's 500 0,29% et le Nasdaq Composite 0,44%.

Le président américain, Joe Biden, devait présenter dans la journée le premier projet de budget fédéral de son administration et les marchés s'attendent à ce qu'il confirme les informations de presse qui lui prêtent l'intention de porter les dépenses publiques à 6.000 milliards de dollars (4.918 milliards d'euros), une perspective jugée favorable aux actions.

Ce facteur l'emporte sur les inquiétudes liées à l'inflation, malgré de nouveaux signes d'une accélération de la hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis, puisque l'indice "core PCE", le plus surveillé par la Réserve fédérale; affiche une hausse de 3,1% sur un an en avril, plus qu'attendu et nettement au-dessus de l'objectif de 2% de la banque centrale.

Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a gagné 1,02% et le CAC 40 1,53%.

VALEURS

Les plus fortes progressions sectorielles du jour en Europe sont pour les valeurs technologiques, dont l'indice Stoxx a gagné 1,25%, et les services financiers (+1,29%).

A Londres, les bancaires ont encore bénéficié des déclarations d'un responsable de la Banque d'Angleterre sur une possible hausse de taux dès 2022, à l'instar de HSBC, qui a pris 1,13%.

A Paris, la plus forte hausse du jour au sein du SBF 120 est pour Solutions 30 qui a rebondi de 15,92% mais accuse encore une chute de plus de 45% sur la semaine.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, l'indice de confiance du Michigan a reculé à 82,9 après 88,3 en avril selon les résultats définitifs.

En Europe, l'Insee a révisé en nette baisse le produit intérieur brut (PIB) de la France au premier trimestre, qui accuse désormais une contraction de 0,1% alors que l'estimation initiale le donnait en hausse de 0,4%.

CHANGES

Le dollar poursuit son rebond face aux autres grandes devises (+0,09%) même s'il n'a que brièvement amplifié sa progression après les chiffres de l'indice PCE américain.

Le billet vert, en hausse de près de 1% par rapport au plus bas de quatre mois et demi touché mardi, s'achemine vers sa meilleure performance hebdomadaire depuis fin avril.

L'euro recule à 1,2196 dollar après un plus bas de séance à 1,2133.

Le yuan a par ailleurs atteint un nouveau plus haut de trois ans.

Sur le marché des cryptomonnaies, le bitcoin perd 4,36% à 36.825,08.

TAUX

Le marché américain des emprunts d'Etat a à peine réagi aux chiffres pourtant très attendus de l'indice PCE: le rendement des bons du Trésor à dix ans est en baisse à 1,5892%, effaçant une partie de la hausse provoquée jeudi par les informations sur le budget.

"La thèse d'une inflation transitoire reste intacte et c'est la raison pour laquelle les rendement des Treasuries refusent de décoller", commente Edward Moya, analyste d'Oanda.

Côté européen, les multiples déclarations rassurantes de responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ces derniers jours continuent de favoriser la baisse des rendements: celui du Bund allemand à dix ans finit la semaine à -0,183%, plus de quatre points en dessous de son niveau de vendredi dernier, et l'écart avec le rendement italien est repassé sous 110 points de base.

PÉTROLE

Le marché pétrolier reste proche de ses récents plus hauts, les espoirs de reprise de la demande continuant de l'emporter sur le risque de voir un hypothétique retour du brut iranien sur le marché mondial peser sur les prix.

Le Brent gagne 0,43% à 69,76 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) est stable à 66,85 dollars.

L'un et l'autre devraient finir la semaine sur une hausse d'environ 5%.

(Version française Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)

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