Hausse du prix du riz en Inde: vers une interdiction à l'export?

À la fin du mois mai, le gouvernement indien interdisait subitement l’export de blé pour le préserver de la spéculation et le réserver à sa population après de mauvaises récoltes. Les marchés et les experts imaginent aujourd’hui un scénario similaire pour le riz. Ce qui serait beaucoup plus dommageable pour la sécurité alimentaire mondiale.

Avec notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin

Plus d’un million de tonnes de riz réservé en Inde pour les marchés internationaux, des lettres d’engagement à l'export signés par les vendeurs et des prix qui augmentent, lentement, mais sûrement. Un vent de panique souffle sur le marché du riz en Inde, premier producteur mondial. Poornima Varma, spécialiste de l’Agriculture a l’Indian Institute of Management d’Ahmedabad, se veut rassurante. « Il est clair que l'arrêt de l'exportation du riz indien, qui pèse pour 42 % du marché mondial, serait à même de faire monter violemment les prix. Cependant, les stocks indiens sont pour l’instant suffisants à notre sécurité alimentaire, je ne crois donc pas à une décision similaire dans un futur proche. »

Peu probable, mais pas impossible, met en garde le professeur Himanshu de la Jawaharlal Nehru University de New Delhi. « Les marchés font face à deux inconnues : à quel point le riz va compenser le blé dans les assiettes des Indiens en cas d’inflation, et comment la récolte de cet été va se passer. »

Ces options vont être discutées dimanche lors d’un G7 destiné à limiter le protectionnisme face à l'inflation alimentaire mondiale. L’Inde a fait savoir qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision concernant le blé, mais rejette pour l’instant l’idée de bloquer le riz.


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