Hausse des gestes suicidaires chez les adolescents en 2021, particulièrement chez les jeunes filles

·3 min de lecture

Un phénomène d'autant plus préoccupant que, au-delà de cette forte hausse, le nombre effectif de gestes suicidaires chez les femmes est déjà bien plus élevé que pour les hommes.

C'est un phénomène extrêmement inquiétant tant il est inédit par son ampleur. Des données de Santé publique France, obtenues par Libération, montrent une forte hausse des gestes suicidaires chez les jeunes en 2021. Un phénomène presque exclusivement porté par une augmentation chez les adolescentes et les jeunes femmes.

Première observation, les admissions aux urgences pour gestes suicidaires, c'est-à-dire les tentatives de suicide ou les actes auto-infligés, ont fortement augmenté chez les adolescentes et les jeunes femmes.

Une hausse sur des chiffres déjà élevés

Chez les moins de 15 ans, on note une hausse de plus de 40% par rapport aux trois années précédentes, alors que ces données pour les garçons sont stables. Même tendance pour les 15-29 ans, où les passages aux urgences chez les filles ont augmenté de 22% en 2021, contre 1% chez les adolescents et jeunes hommes.

Un phénomène d'autant plus grave que, au-delà de cette forte hausse, le nombre effectif de gestes suicidaires chez les femmes est déjà bien plus élevé que chez les hommes. Selon les données du système de surveillance de Santé publique France, chez les moins de 29 ans, entre 2018 et 2020, les admissions aux urgences pour gestes suicidaires sont "habituellement" presque deux fois supérieures pour les filles que les garçons. L'augmentation observée en 2021 vient donc accentuer cette différence.

"Modalités très violentes"

Pour compléter cet inquiétant diagnostic, Libération révèle que la tendance s'observe également en ce qui concerne les appels pour tentatives de suicide dans les centres antipoison et pour les hospitalisations pour gestes auto-infligés, alors que les données des jeunes hommes sont stables.

Des chiffres qui permettent de conclure que les femmes utilisent plus souvent des moyens médicamenteux que les hommes dans leurs gestes suicidaires. En revanche, "nous avons constaté chez des jeunes femmes des tentatives de suicide graves et des suicides avérés avec des modalités très violentes que l’on n’observait jusque-là pas chez les filles, comme la pendaison et la défenestration", détaille le professeur Nicolas Georgieff, pédopsychiatre et chef du pôle psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital psychiatrique Le Vinatier de Lyon.

Ce phénomène de hausse est néanmoins difficile à expliquer. Les spécialistes émettent des hypothèses sur un potentiel rapport aux conséquences de la crise sanitaire sur la santé mentale. "Ce qui est préoccupant aujourd’hui, c’est que ça se prolonge. Globalement, depuis l’automne 2020, on a chez les jeunes cette augmentation massive des dépressions, des troubles anxieux et gestes suicidaires. Et c’est une hausse et une demande de soins à laquelle on a du mal à faire face", explique Angèle Consoli, spécialiste de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, et membre du Conseil scientifique, à Libération.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - "C'est l'une des premières causes de mortalité chez les femmes mais c'est tabou" : Aude Pépin ("À La Vie")

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles