La hausse des cours du pétrole fait aussi des heureux

La flambée des cours du pétrole ne fait pas que des malheureux. “Lors de chaque période de changement, note le Wall Street Journal, il y a des gagnants et des perdants. Cette fois, les gagnants sont les pays pétroliers, parmi lesquels l’Arabie Saoudite, la Russie, la Norvège, le Koweït, le Nigeria, le Venezuela et l’Iran”.

En juin, le ministère de l’Energie américain estimait qu’à eux seuls les onze pays membres de l’OPEP devraient récolter cette année 286,4 milliards de dollars grâce à leurs exportations de brut (contre 240 milliards en 2003 et 195 milliards en 2002). Mais, vu l’ampleur de la hausse des cours depuis le début de l’été, le chiffre réel sera probablement plus proche de 320, voire de 335 milliards de dollars, estime le quotidien américain des affaires. De leur côté, les exportateurs non membres de l’OPEP, dont la Russie, la Norvège, le Mexique, l’Angola et Oman, devraient globalement engranger 166,9 milliards de dollars de recettes, contre 141,1 milliards en 2003 et 116 milliards en 2002.

Ce phénomène n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, les pays producteurs croulaient sous les pétrodollars. Déjà, relève The Economist, le Vénézuélien Juan Pablo Pérez Alfonso, l’un des fondateurs de l’OPEP, tirait la sonnette d’alarme : “Le pétrole est l’excrément du diable. Il crée de nombreux problèmes… Voyez cette folie : gaspillage, corruption, consommation, effondrement de nos services publics. Et la dette, la dette que nous devrons supporter pendant des années.” De fait, les pays pétroliers n’ont guère fait profiter leur population des précédentes hausses du cours de l’or noir.

Mais aujourd’hui, estime l’hebdomadaire britannique, il semblerait qu’ils agissent plus intelligemment. Plusieurs pays, dont l’Azerbaïdjan, le Mexique, la Russie ou le Kazakhstan, ont ainsi suivi l’exemple de la Norvège, en créant un fonds spécial pour gérer les recettes pétrolières, détaché du budget. Ce qui n’empêche pas des dérapages : l’Iran, par exemple, puise allègrement dans cette cagnotte pour combler les déficits courants de l’Etat. Plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, ont profité de la manne pétrolière pour éponger une partie de leur dette publique et équilibrer leur budget. Mais tous ne sont pas aussi vertueux. The Economist déplore ainsi que le président vénézuélien, Hugo Chávez, ait utilisé l’argent du pétrole “pour augmenter les dépenses sociales, de manière politiquement intelligente, mais économiquement imprudente”.

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