Hassan Iquioussen : Gérald Darmanin assure que "nous l'interpellerons et nous l'expulserons"

Gérald Darmanin lors d'une interview sur BFMTV le 2 septembre 2022 - Capture d'écran

Le ministre de l'Intérieur a affirmé que l'imam avait "manifestement" quitté le territoire national et s'est félicité d'avoir utilisé les armes du droit français pour arriver à l'expulsion d'Hassan Iquioussen.

Il en avait fait une affaire quasi-personnelle. Gérald Darmanin avait annoncé son souhait d'expulser Hassan Iquioussen, accusé de tenir des prêches "contraires aux valeurs de la République", du territoire français dès le 28 juillet. Après avoir été retoquée par le tribunal administratif, cette décision a finalement été validée par le Conseil d'État. Problème : lors de la perquisition à son domicile, l'imam est introuvable.

Invité de BFMTV ce vendredi, Gérald Darmanin a affirmé que "manifestement", Hassan Iquioussen "n'est plus en France". "Et c'est une très bonne chose", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Si les forces de l'ordre s'activent pour le retrouver et qu'il fait même l'objet un mandat d'arrêt européen, la fuite d'Hassan Iquioussen est apparue comme un couac pour l'exécutif, et notamment pour Gérald Darmanin. Pourtant, ce dernier estime à notre micro qu'il s'agit "d'une victoire pour l'ensemble des Français".

"C'est une grande nouvelle car ça fait de très nombreuses années qu’il propageait la haine sur les réseaux sociaux et les territoires pauvres de la République", poursuit-il.

"Il s'est auto-exclu du territoire national"

"Il s'est auto-exclu du territoire national", affirme le ministre de l'Intérieur alors que d'après une source proche du dossier, Hassan Iquioussen pourrait se trouver actuellement en Belgique. Invitée sur BFMTV peu après l'interview de Gérald Darmanin, Me Lucie Simon, avocate de l'imam, a confirmé que son client avait "quitté le territoire français", sans savoir pour autant où celui-ci se trouve.

L'imam devait être expulsé vers le Maroc, pays dont il détient la nationalité. En revanche, alors que le Conseil d'État a donné son feu vert, Rabat a suspendu son "laissez-passer consulaire" permettant de l'accueillir.

Une décision qui n'inquiète pas Gérald Darmanin. "Le Maroc a demandé des informations supplémentaires et c'est tout à fait normal, je les ai fait passer le soir même aux autorités", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

"Je ne doute pas un seul instant (...) que nous l’expulserons vers le Maroc", a-t-il affirmé.

"Nous l’interpellerons et nous l’expulserons"

Car le ministre en est sûr : "nous le rattraperons, à la fin c’est toujours l’état de droit qui gagne, nous l’interpellerons et nous l’expulserons", abonde-t-il à notre micro.

Répondant aux critiques sur l'incapacité des autorités à savoir où se retrouvait Hassan Iquioussen avant la perquisition, Gérald Darmanin s'est défendu : "Il n'a jamais été condamné par la justice (...), on ne peut pas, en France, mettre des techniques de renseignements élaborées ou d’interpeller en prévention".

"Je suis le ministre de l’Intérieur d’une démocratie pas d’une dictature, c'est-à-dire qu’avant que quelqu’un soit expulsé ou condamné par une décision de justice, je ne peux pas l’arrêter préventivement", complète-t-il.

Gérald Darmanin a également ajouté que des démarches ont été enclenchées à l'encontre de la chaîne Youtube de l'imam.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - L'avocate d'Hassan Iquioussen s’exprime pour la première fois sur BFMTV