Harcèlement sexuel : Bruno Le Maire ne veut pas dénoncer, avant de changer d'avis

Reuters
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Le ministre de l’Économie et des Finances a déclaré être hostile à toute forme de dénonciation, avant de changer d’avis.

Question compliquée pour Bruno le Maire ce lundi matin sur France Info. Lorsque le journaliste Jean-Michel Apathie lui demande s’il dénoncerait un homme politique coupable de harcèlement s’il en connaissait un, le ministre répond “non”. Une position difficile à défendre alors qu’Emmanuel Macron lui-même s’est longuement exprimé sur le harcèlement pendant son interview dimanche soir et que Marlène Schiappa vient d’annoncer l’allongement du délai de prescription des violences sexuelles.

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Bruno Le Maire était spécifiquement interrogé sur le hashtag qui a fait fureur ce week-end sur Twitter : #Balancetonporc, où les femmes ayant été victimes de harcèlement étaient invitées à témoigner sur les réseaux sociaux.

Sur l’affaire Harvey Weinstein qui agite la chronique depuis plusieurs jours, de nombreux témoins des agissements du producteur sont soupçonnés d’avoir fermé les yeux pendant des années. Et c’est souvent le problème dans des affaires où la victime est la seule à devoir prendre la parole, avec difficulté.

Quelques heures après l’interview, Bruno Le Maire a d’ailleurs radicalement changé d’avis. Conscient de ce que sa position avait de choquante, le ministre a publié un mea culpa sur Twitter :

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Disant avoir réagi au “mot dénonciation” qu’il déteste, le ministre a ensuite évoqué le fond du problème : “Pendant trop longtemps on a voulu mettre la poussière sous le tapis, on a considéré comme anecdotiques, négligeables, des faits qui sont profondément révoltants, scandaleux, inacceptables”.

“Il va de soi que si j’étais au courant de faits de harcèlement sexuel contre une femme, je serai le premier à les signaler. Nous ne pouvons plus tolérer ce silence”, a même affirmé le ministre.

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