Harcèlement, violences, mise en examen... Ces candidats LREM investis malgré tout

Harcèlement, violence, mise en examen... Ces candidats LREM investis malgré tout (Photo: via Associated Press)
Harcèlement, violence, mise en examen... Ces candidats LREM investis malgré tout (Photo: via Associated Press)

D’autres situations, pudiquement reconnues comme “délicates”, ne sont pas encore totalement tranchées.

POLITIQUE - Les casseroles du palais. Depuis plusieurs jours le profil des candidats investis pour les élections législatives est passé au crible par les observateurs et responsables politiques. Le journaliste et militant Taha Bouhafs, chef de file de la NUPES (le rassemblement de la gauche) à Vénissieux, dans la Rhône, indique ce mardi 10 mai jeter l’éponge après ce qu’il dénonce comme une “tempête d’attaques sans précédent.”

Au-delà du jeune homme de 25 ans, épinglé pour certains de ses anciens tweets et une condamnation -en première instance- pour injure publique, plusieurs candidats de la majorité présidentielle (Ensemble!) sont investis malgré leurs passifs ou démêles judiciaires.

Certains sont accusés de harcèlement moral, d’autres de détournement de fonds publics ou d’emploi fictif. Pire encore, l’un d’entre eux a même été condamné pour violence conjugale. Florilège.

Un homme condamné pour violences conjugales

Il s’agit de Jérôme Peyrat, ancien adhérant des Républicains, jadis conseiller de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et membre du cabinet politique d’Emmanuel Macron à l’Élysée. L’homme de 60 ans qui se présente dans la quatrième circonscription de Dordogne a été condamné en 2020 à 3000 euros d’amende avec sursis pour violences envers son ex-compagne.

Quelques mois plus tard, en janvier 2021, celui qui occupe le fauteuil de maire de La Roque-Gageac, dans le même département, était nommé conseiller politique à la délégation générale de La République en marche.

La députée sortante (LREM) Jacqueline Dubois, évincée à son profit par la majorité présidentielle, se dit “trahie” et envisage une candidature dissidente aux scrutins du mois de juin. Et cette circonscription n’est pas la seule à poser question dans la Macronie. Plusieurs prétendantes partent au combat malgré les témoignages accusatoires de certains de leurs collaborateurs.

Des anciens collab’ dénoncent du “harcèlement moral”

La dernière en date: Anne-France Brunet. Députée LREM sortante, réinvestie par la majorité présidentielle, l’élue de Loire-Atlantique est visée par une plainte pour violences et harcèlement. Elle a été déposée par une ancienne assistante parlementaire et révélée, samedi 7 mai, par l’AFP... à la veille de l’officialisation de son investiture.

Dans sa plainte, la jeune femme -embauchée en 2018, quand elle avait 22 ans- décrit des coups de téléphone “incessants parfois à des horaires très tardifs” sur son téléphone personnel, des jours de travail non payés, des “humiliations en public” occasionnant stress et perte de poids.

Son avocat fait même état d’une scène “de violences” le jour de la fin du CDD de sa cliente qui aurait alors été “précipitée contre un poteau dans la permanence de la députée” et se serait “fait écraser le pied” par la députée, occasionnant “la fracture d’un os du pied constatée par certificat médical”. Anne-France Brunet conteste ces accusations.

Avant elle, d’autres députées LREM ont défrayé la chronique pour des questions similaires. C’est le cas des élues Laetitia Avia, dans la huitième circonscription de Paris et Sira Sylla en Seine-Maritime.

La première est toujours visée, depuis l’été 2020, par une enquête pour “harcèlement moral” après les plaintes de plusieurs anciens collaborateurs à l’Assemblée. La deuxième doit répondre, devant les prud’hommes, des accusations de harcèlement moral, de manquement à l’obligation de sécurité et de travail dissimulé dont elle fait l’objet. Les deux démentent ces accusations... et ont été réinvesties par la majorité présidentielle.

Les affaires “financières”

C’est le cas notamment de Thierry Solère, et ce, en dépit de sa ribambelle de casseroles. Conseiller politique d’Emmanuel Macron, député sortant des Hauts-de-Seine, l’ancien LR est au cœur de plusieurs affaires judiciaires pour lesquelles il est accusé de “détournement de fonds publics”, de “trafic d’influence passif”; “d’emploi fictif” ou même de “fraude fiscale”. Un CV qui ne l’empêche pas de repartir pour un tour.

Son ancien collègue chez les Républicains, Eric Woerth, est lui aussi mis en examen, depuis juin 2021. Il est soupçonné d’avoir octroyé un avantage fiscal indu à Bernard Tapie après l’arbitrage controversé de son conflit avec le Crédit lyonnais. Le spécialiste des finances publiques, élu de l’Oise et investi par la majorité présidentielle, pourrait, en revanche, bénéficier d’un non-lieu. C’est ce que le parquet à requis lundi 9 mai en considérant que l’infraction n’est pas “suffisamment caractérisée”.

Ceux pour qui ce n’est pas tranché

Si la majorité, qui prônait l’exemplarité en arrivant au pouvoir en 2017, fait l’impasse sur plusieurs de ses cas emblématiques, elle a malgré tout décidé de bannir quelques (rares) profils. Benoît Simian, le député sortant de la Gironde, jugé pour harcèlement envers son épouse en mars dernier, n’a pas obtenu l’investiture.

D’autres situations politiques, pudiquement reconnues comme “délicates”, ne sont pas encore totalement tranchées. C’est le cas par exemple de Stéphane Trompille, dans l’Ain, un élu condamné pour harcèlement sexuel... ou même de l’ancienne secrétaire d’État MoDem, Nathalie Elimas, dans le Val-d’Oise. Visée par une enquête pour harcèlement moral, elle a d’ores et déjà annoncé qu’elle entendait se présenter à sa propre succession.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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