Harcèlement sexuel: la sensibilisation continue dans les festivals

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Visuels "Danser n'est pas consentir" aux Francofolies, images choc au Printemps de Bourges : les festivals musicaux ont réduit leur jauge cet été mais pas la prévention sur le harcèlement, sexuel ou au travail.

Au Printemps de Bourges (22-27 juin), premier grand rendez-vous de la saison estivale des musiques actuelles, quatre affiches et des vidéos sur écran attirent l'attention : une femme ou un homme, au torse nu recouvert au gros feutre d'une insulte, "grosse pute", "gros pédé", "sale nègre" ou "sale gouine". L'image est surmontée des messages "Non aux violences", "Ne laissons pas la violence pourrir l'ambiance", pour montrer que le festival refuse ce genre d'agression et fait tout pour les prévenir.

"Notre configuration de festival n'est pas entière, mais il était important d'initier cette communication", explique à l'AFP Pauline Curel, responsable des relations publiques et de l'action culturelle du Printemps. Le festival n'a accueilli que 15.000 festivaliers en six jours, à cause des contraintes sanitaires, contre 200.000 en 2019.

"Les risques étaient moins importants sur cette édition, en tout cas on l'espère, en termes de violences sexuelles ou discriminations. Mais nous sommes le premier gros festival, les professionnels y viennent et il y a un rôle de transmission des bonnes pratiques", ajoute Yan Degorce-Dumas, chargé de la communication à Bourges.

- "Aller seules en festival" -

Le Printemps s'est donc associé à "Ici c'est cool", à l'origine une campagne d'affichage choc des festivals en Pays de la Loire, devenue nationale. Il y a deux populations ciblées, explique à l'AFP Lucie Groussin, coordinatrice nationale d'"Ici c'est cool". "On mobilise d'abord les pros, car c'est bien déjà que ce soit +clean+ (propre) en interne dans les festivals", commence celle qui est aussi spécialiste des questions d'égalité homme-femme.

Les statistiques font froid dans le dos : "31% des femmes travaillant dans le secteur musical (artistes ou professionnelles) disent avoir été victimes, au moins une fois, de harcèlement sexuel", selon une étude de 2019 de la Cura (Collectif pour la santé des artistes et des professionnels de la musique) et de la Gam (Guilde des artistes de la musique).

L'autre partie du message : "ici y a des espaces +safe+ (sûrs)", s'adresse aux festivaliers, "à certaines femmes, par exemple, qui n'aiment pas aller seules en festival", ajoute Lucie Groussin.

En septembre 2018, Statement, festival suédois de Göteborg, était uniquement réservé aux femmes, transgenres et personnes "non binaires", en réaction au fléau des viols et agressions sexuelles en festival. Selon une étude anglaise de 2018, 43% des festivalières de moins de 40 ans ont été harcelées sexuellement.

Anna Mérigeaux est une des deux femmes qui pose pour la campagne "Ici c'est cool" et a participé à sa création. Elle est aussi une des co-fondatrices des Catherinettes, association de mise en place de dispositifs de lutte et de prévention des violences sexistes et sexuelles en milieux festifs.

- Un atelier sur le consentement -

"Avec les Catherinettes, notre démarche est de former les équipes des festivals en interne avant de proposer des démarches et protocoles de sécurité pour le public", détaille la responsable pour l'AFP.

Les Catherinettes interviendront au Plein Air, un festival électro à Douai en août, aux Z'Eclectiques près d'Angers en septembre puis aux Trans Musicales à Rennes en décembre. Avant d'assurer une présence 24h/24h au Hellfest à l'été 2022 (annulé en 2020 et 2021). Un évènement qui promet une double édition gargantuesque et génère un camping, lieu à risques identifié par tous les festivals en termes d'agressions sexuelles.

Aux Francofolies à La Rochelle (10-14 juillet), des affichettes "Danser n'est pas consentir" ou "Accepter un verre n'est pas consentir" étaient aussi placardées. Outre le travail classique - "au sein des équipes" et à "destination des festivaliers" - les Francos ont aussi monté un atelier "avec des ados entre 15 et 17 ans sur la notion de consentement", présente à l'AFP Emilie Yakich, co-directrice de l'évènement.

Rock en Seine, bien qu'annulé cet été, a relayé sur ses réseaux sociaux les messages de l'association Consentis (prévention contre les violences sexuelles en milieu festif). Avec, par exemple, une vidéo expliquant les mécanismes de la dette sexuelle (rapport insinué après des verres payés, par exemple).

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