Harcèlement scolaire: vers qui les victimes peuvent-elles se tourner?

Esther Paolini
·3 min de lecture
Des élèves d'un collège (photo d'illustration) - Jeff Pachoud - AFP
Des élèves d'un collège (photo d'illustration) - Jeff Pachoud - AFP

Dans le Val-d’Oise, la ville d’Argenteuil est encore sous le choc après la mort d’une adolescente de 14 ans, dont le corps sans vie a été retrouvé lundi, dans la Seine. Deux de ses camarades sont en garde à vue, soupçonnés d’assassinat. Les enquêteurs étudient la piste du harcèlement en ligne, des photos dénudées de la victime auraient circulé sur les réseaux sociaux.

L’affaire rappelle que le harcèlement chez les jeunes est un fléau, qui touche près de 700.000 élèves. Des outils ont toutefois été mis en place par l’Education nationale et les associations, pour tenter d’y remédier.

· Contacter l’école

Lorsqu’un parent s’inquiète du fait que son enfant soit possiblement victime de harcèlement, il ne faut pas hésiter à contacter rapidement l’établissement scolaire, qu’il s’agisse du professeur, du CPE ou du chef d’établissement. Les parents doivent se sentir libres d’exprimer leurs inquiétudes et de se sentir écouter.

L’Education nationale a mis en place une "fiche de repérage", dans laquelle elle explique le protocole à suivre pour l’accueil des parents de l’élève victime, comme de l’enfant mis en cause. Le ministère souligne l’importance de recueillir le témoignage de témoins, qu’il s’agisse de camarades, de professeurs, d’agents techniques ou d’encadrants, par exemple sur le temps périscolaire.

Des prises de contact sont aussi encouragées avec la médecine scolaire et un correspondant de la mairie. "Il est fortement recommandé de ne pas régler seul les situations de harcèlement, mais de privilégier le travail en équipe", souligne-t-on. Si les faits sont particulièrement préoccupants, ils doivent être transmis au Conseil départemental, ainsi qu’aux 335 référents harcèlement présents dans les académies.

· Deux numéros verts

Le numéro vert "Non au harcèlement", 3020, accueille du lundi au vendredi, de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h (sauf les jours fériés), la parole des enfants touchés par du harcèlement.

La ligne d’appel "Net Écoute" nationale, 0800.200.000, prend en charge les appels du lundi au vendredi de 9h à 20, et le samedi de 9h à 18h, gratuitement et de façon totalement confidentielle.

"Au-delà de l’écoute et du conseil, Net Écoute peut vous aider au retrait d’images ou de propos blessants, voire de comptes le cas échéant", indique le ministère.

· En parler avec ses camarades

Le harcèlement, tout comme le cyberharcèlement, isole les victimes. Le premier pas, le plus difficile et en même temps le plus important, est de réussir à en parler. Si le dialogue avec l’adulte est compliqué, le jeune peut tenter d’en discuter avec un camarade, un copain avec lequel on partage une activité extra-scolaire ou un voisin.

Il est aussi possible de se confier à l’un des 10.000 ambassadeurs mis en place dans les établissements scolaires.

"Ils sont formés au repérage des situations de harcèlement, capables d’agir en lanceurs d’alertes et éviter ainsi de laisser les élèves victimes isolés. Ces collégiens et ces lycéens sont également mobilisés pour sensibiliser leurs camarades, notamment lors des journées 'Non au harcèlement'."

· Des associations spécialisées

Enfin, plusieurs associations existent en France pour la prise en charge de ces situations complexes. L’association e-Enfance est spécialisée dans le harcèlement des jeunes sur Internet, qu’il s’agisse de Revenge Porn ou encore d’Happy Slapping. Elle propose une large documentation à destination des parents et des enfants et propose des réponses adaptées en fonction de l’âge de la victime.

D’autres associations se concentrent sur le temps d’après, c’est-à-dire de la prise en charge des enfants victimes de harcèlement scolaire. C’est notamment le cas de l’association Chagrin Scolaire, présidée par Emmanuelle Piquet, une thérapeute qui s’est spécialisée dans la meilleure "manière d’apaiser de manière durable les souffrances en milieu scolaire."

Ces différentes options, dans le cas où les faits sont particulièrement inquiétants, doivent systématiquement déclencher un signalement auprès du procureur de la République. En parallèle, un soutien psychologique, scolaire et des conseils juridiques doivent être proposés à la famille.

Article original publié sur BFMTV.com