Harcèlement moral, mélange des genres... À Marseille, le drôle de CV des "bébés Gaudin"

Passage en revue.

Ce dimanche 15 mars au soir, parmi les quelques villes dont les résultats seront examinés à la loupe au terme du premier tour, ceux de Marseille retiendront plus l'attention des observateurs. Après 25 ans de règne à l'Hôtel de Ville, Jean-Claude Gaudin a jeté l'éponge, laissant une de ses proches, la double présidente du Conseil départemental et de la Métropole Martine Vassal conduire la liste LR. Auteur du récent « La chute du monstre » (Seuil), cartographie sans pitié et très documentée d'un « système clientéliste » dont la cité phocéenne souffre depuis des décennies, le journaliste et écrivain Philippe Pujol revient pour Marianne sur divers aspects troublant de quelques « bébés Gaudin » en lice.

Martine Vassal

La concernant, la Chambre régionale des comptes a plusieurs fois alerté sur un possible conflit d’intérêt portant sur plusieurs centaines de millions d’euros lors de l'attribution d'une concession de travaux publics à la Société des eaux de Marseille (SEM), une filiale de Veolia, dirigée par Loïc Fauchon. Voici un extrait de la note que les inspecteurs ont remis, accompagnée d'un dossier plus complet à des juges d’instructions. « Martine Vassal (son nom ne figure pas explicitement dans la note, ndlr), du fait de ses liens avec le PDG de la société lauréate (la SEM) au travers de l’association Conseil mondial de l’eau (l'ONG dont Vassal était la trésorière et Fauchon le président), aurait dû s’abstenir. Or sa participation active à l’ensemble des phases du processus décisionnel la fait entrer dans la catégorie de « conseiller intéressé » définie par le Conseil d’Etat (p.11 et 12 de l’avis). Elle a fait l’objet d’une enquête du parquet national financier (perquisitions en novembre 2015) sur le soupçon d’octroi d’avantage injustifié (favoritisme) et de prise illégale d’intérêt.

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