Harcèlement à l’hôpital : «Des plaintes vont être déposées»

Aline Gérard
Antoine Reydellet, président de l’Intersyndicale nationale des internes

Antoine Reydellet dirige un syndicat d’étudiants en médecine qui va lancer une campagne sur le problème, encore tabou, du harcèlement sexuel chez les soignants.


Pour Antoine Reydellet, président depuis octobre de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), « les lignes bougent ». En 2017, ce syndicat avait révélé que 61 % des étudiantes en médecine étaient victimes de sexisme, quand ce n’était pas de harcèlement avec… contacts physiques.

Où en est le tabou du harcèlement sexuel à l’hôpital ?

ANTOINE REYDELLET. La parole est en train de se libérer, c’est déjà un grand pas. Dès le printemps prochain, nous allons remonter au créneau : nous allons placarder dans tous les CHU une série d’affiches. Il s’agit de rappeler à tous les soignants où sont clairement les limites. L’une d’elles, par exemple, expliquera qu’une main aux fesses, ce n’est pas être lourd, c’est du harcèlement ! Et dans chaque cas type décrit, les peines encourues seront mentionnées.

Où l’effort de sensibilisation doit-il porter en priorité ?

Dans l’univers des blocs opératoires. Le bloc est par définition un lieu clos où s’exercent de fortes tensions de temps, d’efficacité, mais aussi de contrôle. Dans ce lieu confiné, de grande promiscuité, où le chirurgien est maître à bord, les tensions hiérarchiques peuvent s’exacerber et déraper : un interne m’a raconté qu’il s’était vu demander, un jour, en pleine intervention, de faire un strip-tease et il s’est exécuté. C’était la condition posée pour qu’il ait le droit de pratiquer certains actes. C’était sur le ton de la blague. Sauf que là, on n’était plus dans l’esprit carabin, mais dans l’abus de pouvoir.

Les plaintes sont pourtant rarissimes, les suites judiciaires inexistantes. Qu’est-ce qui bloque encore ?

Il y a la honte, la volonté de ne pas faire de vagues par crainte pour sa carrière. Dans certaines spécialités, tout le monde se connaît : parler peut coûter cher ! Pour casser ce cercle vicieux, les hospices civils de Lyon viennent de mettre en place (...)

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