Hannah Arendt au secours de l’éducation traditionnelle

Par Catherine Golliau
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Hannah Arendt réfute les pédagogies qui donnent trop d'autonomie aux enfants et préfèrent le jeu au travail.
Hannah Arendt réfute les pédagogies qui donnent trop d'autonomie aux enfants et préfèrent le jeu au travail.

« Il me semble que le conservatisme, pris au sens de conservation, est l'essence même de l'éducation, qui a toujours pour tâche d'entourer et de protéger quelque chose ? l'enfant contre le monde, le monde contre l'enfant, le nouveau contre l'ancien, l'ancien contre le nouveau. Même la vague responsabilité du monde qui est assumée ici implique bien sûr une attitude conservatrice. Mais cela ne vaut que dans le domaine de l'éducation ou plus exactement dans celui des relations entre enfant et adulte, et non dans celui de la politique, où tout se passe entre adultes et égaux [?]. C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaire que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »

Ces lignes de Hannah Arendt, extraites de La Crise de la culture (1972), ne peuvent que séduire ceux qui, aujourd'hui en France, s'inquiètent de voir leurs enfants ou petits-enfants incapables à 15 ans de lire un texte à haute voix de manière fluide ou de faire de tête une addition. Pour Arendt, si l'Amérique des années 1960 n'arrive plus à former ses jeunes enfants, c'est qu'elle a adopté trop vite les innovations pédagogiques, venues pour beaucoup du Vieux Continent, et s'est convaincue trop facilement de trois idées fondamental [...] Lire la suite