Ce handicap d'Uderzo explique l'évolution des couleurs d'Astérix

Valentin Etancelin

SANTÉ - Il était l’un des “derniers irréductibles gaulois à résister”. Ce mardi 24 mars, Albert Uderzo est décédé à l’âge de 92 ans. Célèbre fondateur de la série de bandes dessinées “Astérix et Obélix” qu’il a créée avec René Goscinny, le dessinateur est mort dans son sommeil d’une crise cardiaque, a fait savoir sa famille à l’AFP. 

Son décès survient cinq mois après la parution du dernier tome des aventures des deux héros, La fille de Vercingétorix. C’était le 38e. Le premier d’entre eux, a, lui, a été publié aux éditions Dargaud en 1961. Entre ces deux dates, beaucoup de choses ont changé. Sur le fond, mais aussi sur la forme. 

Peut-être l’avez-vous remarqué, les couleurs utilisées ne sont pas les mêmes selon les albums. La faute à quoi? Un handicap qu’avait Uderzo. Celui-ci ne distinguait pas le vert et le rouge, il était daltonien comme l’a expliqué la chercheuse en histoire du dessin Jessica Kohn sur France Inter, en novembre dernier.

Des couleurs à la va-vite

Le daltonisme, aussi connu sous le nom de dyschromatopsie, est considéré comme une anomalie de la vision. Elle affecte la perception des couleurs, mais n’a pas de conséquences sérieuses en termes de handicap. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des daltoniens ne préfèrent pas employer les termes “handicap”, “anormalité” ou “déficit”.

En règle générale, c’est aux dessinateurs que revient la tâche de colorer les cases. Quand le temps est compté, par exemple, il arrive que ce ne soit pas eux. On fait alors appel à un coloriste. C’est aussi ce qui a été décidé pour les aventures du Gaulois, dès la parution des premières histoires d’Astérix dans le magazine Pilote en octobre 1959.

C’est une femme, Claude Popée, qui assurait ce rôle. “Elle colorisait un peu rapidement: il fallait aller vite [c’était] un hebdomadaire, renseigne la spécialiste sur France Inter. Comme c’était du dessin d’humour et pas du dessin réaliste, on ne prêtait pas une grande attention à la qualité des couleurs.”

Deux ans plus...

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