Handicap International, qui refuse "le fichage ethnique", doit quitter le Burundi

franceinfo avec AFP
Depuis octobre 2018, une loi burundaise encadre les activités des ONG étrangères et leur demande notamment de déclarer les origines ethniques de leurs employés. Elles avaient jusqu'au 31 décembre pour le faire.

Après 26 ans à œuvrer dans les domaines de la santé, la réadaptation, l'éducation, la protection, l'insertion socio-économique et l'appui aux associations, Handicap International dit quitter "à regret" le Burundi, selon l'AFP.

Dans un communiqué du 7 janvier 2019, l'ONG précise n’être "plus en mesure de mener ses projets en raison des décisions du gouvernement burundais vis-à-vis des ONG internationales" qui constituent, selon elle, "une ligne rouge qu'elle n'entend pas franchir". Présente depuis 1992 au Burundi, Handicap International ne veut pas "être complice d'une forme de discrimination ethnique".

Fichage ethnique et contrôle des finances

Le 1er octobre 2018, le gouvernement avait suspendu pour trois mois les activités de toutes les ONG étrangères en attendant qu’elles se mettent en conformité avec une nouvelle loi. Parmi leurs obligations, celle d’établir un quota ethnique de leur personnel (60% de Hutus et de 40% de Tutsis, comme dans l'administration) et de le communiquer aux autorités avant le 31 décembre 2018. La loi prévoyait également un strict contrôle de leurs finances et des frais administratifs.

La Libre Afrique indique que "cette obligation faite aux ONG s’inspire du système des quotas prévu dans la Constitution pour toutes les structures et les institutions de l’Etat burundais, y compris l’administration publique et les corps de défense et de sécurité. Mais la (...)

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