Handball : défaite par l'Espagne, la France termine 4e du Mondial

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L'équipe de France a perdu la petite finale du championnat du monde de handball en Égypte face à l'Espagne et termine quatrième du Mondial.

Pas de médaille de bronze pour les Bleus. L'équipe de France, qui a régné de longues années sur le monde du handball, a été défaite dimanche 31 janvier 29 à 35 par l'Espagne lors de la "petite finale" du Mondial de handball. La France a couru de bout en bout après le score et n'a jamais pu passer devant les Espagnols.

Les Espagnols retrouvent le podium d'un Championnat du monde pour la première fois depuis le titre décroché en 2013. Avec cette quatrième place, les Français, sextuples champions du monde (1995, 2001, 2009, 2011, 2015 et 2017), manquent pour la première fois depuis 2013 le podium d'un Mondial. C'est aussi la première fois depuis 2004 que les Bleus enchaînent deux compétitions sans remporter de médaille. Les Costauds étaient alors dans le creux, avant de remporter l'Euro-2006 qui allait inaugurer la décennie des Experts, faite d'une domination écrasante (4 titres mondiaux, 2 olympiques, 3 européens) jusqu'au dernier sacre mondial en 2017.

Le lent déclin, amorcé en 2018 après le départ des légendes Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, se confirme –3es à l'Euro-2018, 3es au Mondial-2019, 4es au Mondial-2021, mais les Bleus sont d'un autre côté en progrès par rapport à l'élimination au premier tour de l'Euro-2020 qui avait entraîné l'éviction de l'entraîneur Didier Dinart, remplacé par son adjoint Guillaume Gille.

"On rêvait tous d'une meilleure sortie mais une demi-finale, un match pour la 3e place, sont des révélateurs qui nous montrent nos limites actuelles et le chemin qu'il nous reste à parcourir", a reconnu Guillaume Gille.

Une pluie de blessés

Avoir rallié le dernier carré reste une satisfaction quand on sait que les Bleus sont arrivés en Égypte sans l'icône Nikola Karabatic, blessé au genou mi-octobre et absent pour de très longs mois, et ont perdu en cours de route le gardien Wesley Pardin, le patron de la défense Luka Karabatic et l'arrière gauche N.1 Timothey N'Guessan. Le tout avec un nouveau staff.

"C'est triste de finir comme ça mais malheureusement, je crois qu'on ne pouvait faire autrement entre les pépins qu'on a eus depuis le début du mois de janvier. Quand on veut aller loin, il faut être capable de durer, il faut un effectif, des rotations et ça nous a empêché d'avoir la fraîcheur nécessaire pour ce dernier carré", a estimé le capitaine Michaël Guigou.

Ces résultats au Mondial-2021 permettent d'envisager le tournoi de qualification olympique (TQO) mi-mars à Montpellier avec un peu plus d'optimisme, face à trois équipes coriaces : la Croatie, vice-championne d'Europe l'an passé, le Portugal et la Tunisie. À condition de mieux maîtriser les débuts de match.

Corrales écœure la France

Comme trop souvent dans ce Mondial (Suisse, Algérie, Islande, Hongrie, Suède), les Bleus ont laissé l'adversaire prendre les devants dès l'entame (0-4). Promu arrière gauche N.1 devant Romain Lagarde, Jean-Jacques Acquevillo n'a débloqué le compteur qu'après plus de 5 minutes de jeu...

Les meneurs Kentin Mahé (2/6) et Nedim Remili (2/8), comme le capitaine Michaël Guigou à l'aile gauche (2/5), ont subi la loi du gardien espagnol Rodrigo Corrales, impérial avec 16 arrêts dans le match, dont 10 rien qu'en première période. Et si Vincent Gérard (12 arrêts) s'est rattrapé de son non-match face à la Suède (1 parade), les Bleus n'ont jamais pu combler leur déficit initial.

En fin de première période, ils n'avaient pourtant plus que 2 buts de retard (14-12), puis un seul après la pause et un but de Ludovic Fabregas (16-15). Fin de la remontada : comme face à la Suède, ils ont vite perdu espoir face aux arrêts du gardien adverse et aux coups de boutoir des frères Dujshebaev (14 buts à eux deux).

Face à des Espagnols à l'effectif plus dense, les Bleus n'avaient pas assez d'individualités capables de jouer les sauveurs. Seul Hugo Descat, révélation française de ce Mondial et auteur de sept buts en seulement une période, a permis aux Français de ne pas sombrer au score.

"En tant que compétiteur, on ne peut jamais se satisfaire et se résoudre à voir un adversaire vainqueur d'une confrontation. Malgré tout, quand on voit ce qu'on a traversé contre les Hongrois, ce à quoi on a dû faire face en termes d'effectif, je trouve que le parcours est très positif. C'est ce que je veux retenir. On a montré une belle image du hand français", a tenté de positiver le sélectionneur après la rencontre.

Avec AFP