Hamon regrette l’abandon du débat de France 2

Benoît Hamon (photo) a regretté mercredi à Nancy l'annulation d'un ultime débat entre les candidats à l'élection présidentielle le 20 avril et dénoncé l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron, qui ont refusé par avance d'y participer. /Photo prise le 4 avril 2017/REUTERS/Lionel Bonaventure

NANCY (Reuters) - Benoît Hamon a regretté mercredi à Nancy l'annulation d'un ultime débat entre les candidats à l'élection présidentielle le 20 avril et dénoncé l'attitude de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron, qui ont refusé par avance d'y participer.

A la peine dans les sondages qui le créditent d’un peu moins de 10% des voix à dix-huit jours du premier tour, le candidat socialiste a mis en avant le nombre d’indécis et l’appétit qu’ont les Français pour ces débats télévisés pour dénoncer ceux qui ont ainsi voulu se "soustraire à la démocratie".

"Je regrette d’apprendre ce soir que le service public a cédé à la pression de deux candidats pour ne pas organiser un second débat", a-t-il dit devant environ 3.000 personnes réunies au Zénith, dont l’ex-ministre écologiste du Logement Cécile Duflot et le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert.

"Il y a de l’indécision, on dit qu’un électeur sur deux ne sait pas encore le choix qu’il va faire le 23 (avril, jour du premier tour)", a ajouté le député de Paris pour justifier un exercice qui aide à "faire connaître les programmes".

Lâché par une partie des élus socialistes, dont l’ancien Premier ministre Manuel Valls, au profit d’Emmanuel Macron, Benoît Hamon a multiplié les comparaisons entre le programme de ce dernier et celui de François Fillon, pour appeler les électeurs de gauche à la mobilisation.

"Votez pour le projet qui vous fait du bien", a lancé à ses troupes le candidat du "futur désirable".

PRÉCURSEUR

L’ancien ministre de l’Education, débarqué du gouvernement de Manuel Valls en août 2014 pour cause de divergence sur la politique économique du gouvernement, a tenté d’expliquer le manque d’écho de ses propositions dans l’opinion par le "court-termisme" qui domine selon lui la campagne.

"Ce temps-là, ce n’est pas le temps de la politique, c’est le temps des affaires", a-t-il affirmé en expliquant pourquoi ses projets de démocratisation de la zone euro, de revenu universel d’existence ou de taxation des robots font de lui un précurseur et non le "rêveur" qu’on l’accuse d’être, jusqu’au sein de son parti.

"Heureusement qu’en 1945, au moment où le pays était ruiné (…) il y a eu des rêveurs (le Conseil national de la Résistance) qui ont fait la Sécurité sociale. Et on me dit que ce qui était possible avec la Sécurité sociale en 45 dans un pays ruiné ne le serait plus avec le revenu universel d’existence dans une France dix, quinze fois plus riche ?", s’est-il exclamé.

Revendiquant sa volonté de "penser le modèle social à venir pour les nouvelles générations", il a dénoncé, par contraste, le programme de François Fillon qui créerait selon lui, 1,5 million de chômeurs de plus par allongement de l’âge de la retraite et la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires.

Il a rappelé qu’Emmanuel Macron prévoyait lui-même d’en faire disparaître 120.000.

"François Fillon et Emmanuel Macron sont les candidats préférés des entrepreneurs", a-t-affirmé.

Le candidat a toutefois réservé sa plus sévère mise en garde aux électeurs tentés de donner leurs suffrages à la présidente du Front national Marine Le Pen en rappelant que les partis d’extrême-droite parvenus au pouvoir ne l’avaient jamais "rendu démocratiquement".

"Ce pouvoir-là (le droit de vote), s’ils le donnent à Marine Le Pen, ils le perdent définitivement", a-t-il averti.

(Gilbert Reilhac, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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