Halte au feu !

Didier Micoine

Dans le climat de violence qui secoue le pays depuis trois mois, cela pourrait sembler presque banal. La multiplication des attaques - verbales ou physiques - contre des parlementaires de la majorité est pourtant grave. Plus de 80 dégradations ou exactions visant des permanences ou des domiciles d’élus ont été recensées depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, a précisé le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nunez. Vendredi, c’est la maison du président de l’Assemblée, Richard Ferrand, qui a fait l’objet d’une tentative d’incendie volontaire, sans que le ou les auteurs soient pour l’instant identifiés. Ces menaces et ces violences, souvent assorties d’injures racistes ou antisémites, qui rappellent l’antiparlementarisme factieux des années trente ou les débordements poujadistes des années cinquante, sont quasiment inédites sous la Ve République. Elles doivent être clairement, et elles l’ont été, condamnées par les politiques de tous bords. Rien ne peut justifier ces attaques haineuses contre des élus de la nation légitimes. On peut comprendre que les Gilets jaunes s’accrochent à leurs ronds-points et continuent à manifester chaque samedi. Le problème, c’est que ces rendez-vous hebdomadaires sont devenus le terrain de jeu des radicaux - d’extrême gauche et d’extrême droite - et des casseurs de tous poils venus pour en découdre. L’enjeu du grand débat national, c’est aussi d’en finir avec ces images de violences qui tournent en boucle sur les chaînes info et les réseaux sociaux. On en est loin.



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