Haine en ligne contre la communauté asiatique: quatre jeunes condamnés à un stage de citoyenneté

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Un clavier d'ordinateur (illustration) - Loïc Venance - AFP
Un clavier d'ordinateur (illustration) - Loïc Venance - AFP

Ce sont des jeunes bien sous tous rapports. L'un rêve de devenir policier ou magistrat, l'autre est à Sciences Po ou en école d'ingénieur... Pourtant, ils ont été condamnés ce mercredi à un stage de citoyenneté de deux jours, à effectuer dans les six mois, pour avoir appelé à la haine à l'encontre de la communauté asiatique sur Twitter. Un cinquième jeune a quant à lui été relaxé.

Quatre mineurs bientôt jugés

Le 28 octobre 2020, alors qu'Emmanuel Macron annonce un deuxième confinement, des messages de haine à l'encontre "des Chinois" et la communauté asiatique en général se répandent sur Twitter. Certains sont particulièrement injurieux. Tous visent la communauté chinoise, accusée d'avoir un lien avec le coronavirus.

Une enquête réclamée par le parquet permet de lever l'anonymat de plusieurs comptes ayant publié des propos haineux, dont celui des quatre jeunes condamnés ce jour. Quatre autres personnes, mineures au moment des faits seront jugées ultérieurement.

Aucun de ces jeunes, âgés de 19 à 25 ans, n'a d'antécédents judiciaires. Lors de l'audience en mars, ils n'ont pas nié les faits. Alexis D., 21 ans, étudiant dans une école d'ingénieur, a expliqué son geste par la sensation "de ras-le-bol à cause de l'annonce du confinement".

"J'ai vu que d'autres personnes avaient ce genre de propos. J'ai suivi bêtement le mouvement sans réfléchir", explique-t-il.

"Est-ce que vous auriez hurlé les mêmes propos dans la rue?", a voulu savoir l'un des assesseurs.

"Non, parce que dans la rue je sais que des gens peuvent m’entendre et que je peux les blesser", répond le jeune homme en costume gris.

"Êtes-vous raciste monsieur?"

"Êtes-vous raciste monsieur?", lui avait demandé une avocate des parties civiles. "Non! (...) Ce que j’ai écrit, je ne le pense pas réellement mais je comprends maintenant le caractère raciste derrière ces propos", dit-il.

Les avocats des parties civiles avaient réclamé des dommages et intérêts pour les associations qu'ils représentent. Un seul avocat avait demandé de la prison.

Le tribunal a donc finalement suivi les réquisitions du parquet, en les condamnant à un stage de citoyenneté. Deux pour "provocation non suivie d'effet à commettre un crime ou délit" sur Internet, deux autres pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la race ou la religion."

"Entre les mots et les actes, la frontière est poreuse et cet usage dévoyé des réseaux sociaux est dangereux", avait souligné la procurueure dans ses réquisitions.

Article original publié sur BFMTV.com