"La haine se focalise sur nous" : insultés et menacés, les élus LREM sous pression face à la crise des "gilets jaunes"

Margaux Duguet
Souvent issus de la société civile ou novices en politique, les députés et sénateurs de la majorité sont en plein doute, mais ils espèrent trouver une porte de sortie grâce au grand débat national.

"On veut notre peau." La phrase, signée d'un député LREM, reste en suspens quelques secondes au téléphone. Depuis la crise des "gilets jaunes", les élus de la majorité font partie "des cibles favorites", selon ce même parlementaire. Selon nos informations, au moins une cinquantaine de députés de La République en marche ont subi des menaces ces dernières semaines par courrier ou sur les réseaux sociaux, des dégradations dans leur permanence voire des intrusions à leur domicile.

"Il y a une inquiétude quant à la multiplication de ces agressions, leur banalisation, et l'absence de condamnation républicaine de ces agissements", indique à franceinfo le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale. "Au point qu'une poignée de députés LREM, au bout du rouleau, ont fait savoir à la direction du groupe qu'ils réfléchissaient à démissionner", révèle Le Monde. Une situation qualifiée d'"inédite" par le député du Maine-et-Loire, Mathieu Orphelin.

"Tous les week-ends, ma maison est surveillée"

Ceux visés sont évidemment les plus touchés. Il y a, par exemple, ce député, pris violemment pour cible par des "gilets jaunes", qui refuse désormais de s'exprimer sur le sujet et évoque la nécessaire protection de ses proches. "Ma fille se réveille la nuit et me demande : 'Papa, est-ce qu'on va déménager ?'", glisse-t-il, fatigué. Cet autre parlementaire confie lui recevoir "un ou deux courriers de menaces par semaine". (...)

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