Les habitants du nord de l'Irak terrifiés par les bombardements turcs

L’opération « Griffe du tigre », lancée par l'armée turque, continue dans le nord de l'Irak. Depuis le début de semaine une large campagne de bombardements a pris pour cible les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan, suivie, ce mercredi, par une intervention terrestre des forces spéciales turques. Un responsable kurde où les combats ont lieu a déclaré ce vendredi qu'un berger avait été tué. La première victime civile de cette offensive turque. Les habitants sur place sont terrifiés.

Cela fait 5 jours que les habitants du nord de l'Irak vivent au rythme des bombardements turcs.  Ahmed, 28 ans, habite proche de Haftenin où les combats ont lieu. Il organisait un pique-nique avec des amis lorsque les bombes ont commencé à pleuvoir devant eux. « On a entendu une explosion et puis on a vite compris qu'il s'agissait d'une frappe aérienne contre la montagne qui nous faisait face, raconte-t-il. On a pris peur car on s'est dit qu'on pourrait être pris pour cible par erreur. »

Les incursions turques sont courantes dans le nord de l'Irak, mais l'opération Griffe du Tigre a surpris les habitants par son ampleur et sa durée, comme l'explique Haji Sindi, 27 ans. Il habite avec sa famille dans la ville de Zakho, à une trentaine de kilomètres au sud des combats en cours : « Cette fois, ils bombardent des régions qu'ils ne bombardaient pas avant. Même à Zakho on peut entendre le son des avions. Beaucoup de gens sont partis de chez eux. N'importe qui peut être tué n'importe quand. »

Pour ce jeune Kurde, la responsabilité incombe autant à la Turquie qu'aux rebelles du PKK, installés dans la région : « Le PKK devrait partir de ces régions parce qu'il dérange la population locale, et à cause de lui beaucoup de personnes ne peuvent pas venir ici librement. Mais la Turquie doit aussi cesser ses bombardements parce que de nombreuses vies sont en danger. »

Convoqué par Bagdad, l'ambassadeur turc a déclaré que l'opération continuerait tant que le PKK ne serait pas expulser d'Irak.