Haïti vers la “révolution” après le doublement du prix de l’essence ?

PHOTO RALPH TEDY EROL/REUTERS

Après une semaine d’émeutes et de saccages, les violences et la paralysie du pays des Caraïbes ont repris lundi 19 septembre.

“Toutes les stations-service du pays demeurent fermées. Celles qui n’ont pas été vandalisées pendant les manifestations des derniers jours ont prudemment mis fin aux opérations de vente. […] Il y a encore des barricades sur plusieurs axes à travers le pays. Impossible de recevoir du carburant et de vendre du propane, que certaines familles utilisent pour la cuisson des aliments”, écrit le plus grand quotidien d’Haïti, Le Nouvelliste.

Personne ne sait quand ni comment s’arrêtera la crise, une des plus violentes traversées par le pays. Les manifestants réclament la démission du Premier ministre et chef d’État de facto, Ariel Henry, dont l’investiture n’a jamais été validée par la chambre des députés, dissoute après l’assassinat, le 7 juillet 2021, du président Jovenel Moïse.

Dimanche 11 septembre, veille du déclenchement des émeutes, Ariel Henry annonçait la fin des subventions – instaurées de longue date – des prix des carburants “pour financer des programmes sociaux”. L’équivalent d’une très forte augmentation, plus de 100 % par exemple pour l’essence.

“Faillite de l’État”

Depuis, des institutions publiques, des stations-service, des banques ont été saccagées. Des alliés politiques d’Ariel Henry ont été attaqués.

Lundi 19 septembre à Port-de-Paix, dans le nord du pays, les locaux de Caritas – branche du Secours catholique – ont été pillés.

Jeudi 15 septembre, les locaux du Programme alimentaire mondial de l’ONU ont été pillés aux Gonaïves, la troisième ville du pays. Ils stockaient des aliments pour près de 100 000 écoliers.

Le Nouvelliste écrit dans un éditorial :

“Révolution pour certains, règlements de comptes pour d’autres, les événements […] confirment davantage la faillite de l’État […] et que le pays est comme un bateau ivre en pleine mer. Le capitaine du bateau et ceux qui l’accompagnent ne se soucient guère du sort des passagers.”

Crise économique, crise politique – aucune élection n’est prévue – impuissance voire indifférence de la communauté internationale.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :