Haïti: le président du Sénat visé par des sanctions américaines pour trafic de drogue

REUTERS - RALPH TEDY EROL

Le ministère américain des Finances a annoncé vendredi 4 novembre la mise en place de sanctions visant directement deux responsables politiques haïtiens, dont le président en exercice du Sénat, accusés d'avoir « contribué activement » au trafic de drogue transitant par l'île caribéenne.

Joseph Lambert est tout simplement le président en exercice du Sénat haïtien. Youri Latortue, ancien sénateur, l’a précédé entre 2017 et 2018. Selon le département américain du trésor, les deux hommes ont profité de leur position pour faciliter le trafic de stupéfiants, et notamment de cocaïne entre la Colombie et leur pays. Ils sont en outre accusés d’avoir collaboré avec les gangs qui tiennent actuellement une bonne partie du pays en proie à une crise sécuritaire, politique et économique très grave.

Les sanctions décidées par le Département américain du Trésor consistent en un gel de leurs avoirs et de leurs propriétés aux États-Unis, mais aussi au Canada, rapporte notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin. L’action est en effet cordonnée avec ce pays où la communauté haïtienne est très implantée. En outre, dans un communiqué séparé, le secrétaire d’État américain Antony Blinken accuse Joseph Lambert d’être à l’origine d’une exécution extrajudiciaire. Il le sanctionne également. Il lui est désormais interdit, ainsi qu’à sa femme, de se rendre sur le territoire américain. Antony Blinken avait évoqué la situation en Haïti la semaine dernière lors d’un déplacement au Canada avec son homologue Mélanie Joly. Celle-ci annonce d’autres sanctions à venir.

Pays paralysé


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