Haïti : « Le président de facto est victime d’un climat qu’il a lui-même instauré »

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Lyonel Trouillot, le 30 septembre 2009 à Paris.
Lyonel Trouillot, le 30 septembre 2009 à Paris.

Le président Jovenel Moïse a été assassiné. Nuance, le président de facto Jovenel Moïse a été assassiné. La nuance est importante. Jovenel Moïse n?avait aucune légitimité depuis le 7 février 2021. « Après Dieu, c?est moi? Je suis une arête dans votre gorge. » Ainsi parlait-il au peuple qui réclamait sa démission et l?appelait par moquerie « Après Dieu ».

Son décès provoque de l?inquiétude, certes, mais sur le plan émotionnel, rien de mieux que l?indifférence.

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C?est un coup contre la démocratie. Non, plusieurs coups ont été portés contre la démocratie depuis l?arrivée au pouvoir du PHTK avec Michel Martelly, et la dérive autoritaire s?est confirmée sous les ordres de Jovenel Moïse : violations des droits humains, élimination du Parlement, inféodation du pouvoir judiciaire, assassinats politiques, existence de prisonniers politiques, élimination du pouvoir des organismes de contrôle?

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C?est quand même un coup porté contre la démocratie. Seulement dans la mesure où ce crime odieux vient interrompre le processus qui aurait abouti au triomphe de la démocratie véritable : l?union nationale autour d?un processus électoral crédible et la mise en place d?un gouvernement de transition tenant compte des revendications de la majorité des citoyens. Jovenel Moïse ne pouvait pas gagner. Il s?enfonçait dans un jusqu?au-boutisme qui ne pouvait conduire qu?à sa perte. Il [...] Lire la suite

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