Haïti peut compter sur Cuba dans la lutte contre le coronavirus

Une brigade de 348 médecins cubains est déployée en Haïti pour lutter contre le coronavirus. C’est ce qu’a précisé le chancelier haïtien Claude Joseph sur sa page Facebook. A la différence d’autres médecins étrangers, « ils n’ont pas pris la fuite » comme presque tous les étrangers se trouvant sur le sol haïtien, souligne le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval.

Au 24 mars, huit personnes ont été testées positives, selon les chiffres officiels du gouvernement, d'après Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. Deux hôpitaux accueillent ceux qui ont des symptômes et qui doivent être hospitalisés. Pour le moment, « cela se passe encore bien », explique Frantz Duval. Il n’y pas beaucoup de cas de personnes contaminées, les hôpitaux ne sont pas encore submergés.

Mais selon le rédacteur en chef du Nouvelliste, certains centres hospitaliers comme le plus important, l’hôpital de l’université de l’État d’Haïti, se plaignent que des blouses, des masques et des gants ne sont pas distribués pour protéger le personnel de santé.

Pour l’instant, rappelle Frantz Duval, ce sont deux hôpitaux, soutenus par des ONG internationales qui accueillent les premier cas. L’inquiétude, poursuit le journaliste, concerne les hôpitaux publics gérés par l’État et la question de savoir s’ils seront en mesure de faire face à la crise sanitaire lorsque les cas de personnes contaminées augmentent. On attend une « vague » de contamination en Haïti dans 2 à 3 semaines, explique Frantz Duval.

Cuba maintient ses médecins en Haïti

La coopération cubano-haïtienne dans le domaine médicale est très active, rappelle Frantz Duval. Elle a été mise en place avec le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1997. Actuellement, une brigade de 348 médecins est déployée dans le pays pour lutter contre le coronavirus, a précisé le chancelier haïtien Claude Joseph, cité par le Nouvelliste.

À la différence d’autres médecins étrangers, « ils n’ont pas pris la fuite » comme presque tous les étrangers se trouvant sur le sol haïtien. Des avions continuent à arriver pour ramener dans leur pays les ressortissants étrangers. Connaissant les faiblesses du système de santé haïtien, beaucoup d’Haïtiens qui ont une double nationalité quittent également le pays. « Mais le gouvernement cubain, en accord avec les autorités haïtiennes, a décidé de maintenir leurs médecins sur place ».

Inquiétudes liées à la fermeture des frontières

La fermeture des frontières suscite également des inquiétudes en Haïti, que ce soit pour des raisons médicales ou économiques. Les trois principaux fournisseurs d’Haïti, la Républiques Dominicaine, les États-Unis et la Chine ont fermé leurs frontières même si officiellement les marchandises peuvent encore circuler.

Et sur le plan médical, beaucoup d’Haïtiens qui se faisaient soigner à l’étranger (en République Dominicaine, aux États-Unis ou à Cuba principalement) sont maintenant obligés d’interrompre leur traitement. Il s’agit de personnes atteintes d’un cancer ou qui souhaitaient faire des examens impossibles à réaliser en Haïti. Qu’ils soient riches ou pauvres, beaucoup d’Haïtiens se font soigner dans la République Dominicaine, rappelle Frantz Duval, mais ils ne peuvent plus y aller à cause de la fermeture de la frontière avec le pays voisin.