En Haïti, les pénuries de carburants dues aux gangs pourrissent le quotidien

L’impact de la criminalité à Port-au-Prince se ressent jusqu'en province, notamment en raison de la rareté des carburants, les gangs bloquant souvent totalement l’accès aux trois terminaux pétroliers du pays, tous situés dans l’aire métropolitaine.

Située loin de Port-au-Prince, à la pointe sud-ouest de l’île, la ville de Jérémie vit calmement. Plus calmement même qu’à l’ordinaire, car la pénurie de carburants y est féroce. Les prix flambent au marché noir et influencent les tarifs sur tout le reste du marché. « Avec cette situation, les prix des produits de première nécessité ont grimpé énormément à Jérémie, témoigne Yvon Janvier, enseignant dans la Cité des poètes. Une marmite de sucre brun, qu'autrefois j'avais l'habitude d'acheter à 225 gourdes, coûte maintenant près de 500 gourdes. »

Jamais la compagnie publique d’électricité n’a développé l’énergie solaire. Partout en Haïti, l’équation est donc simple : sans carburant, pas de courant. Pour ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir un circuit privé, chaque geste banal du quotidien devient un casse-tête. « Il me faut sortir de chez moi et aller voir qui, parmi mes voisins, peut avoir du courant sur des batteries pour charger mon téléphone, raconte Joseph Stevenson, à Jacmel. Tout le monde n'a pas ce genre d'installation. J’habite hors de la ville, mais parfois, il faut que j’aille jusqu’au centre pour récupérer quelques pourcentages de charge. Vous imaginez ça, au XXIe siècle ? »


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