Haïti: les magistrats appellent au respect des lois et à l’obligation de neutralité politique des juges

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En Haïti, les associations de magistrats saluent la libération de leur confrère, jeudi 11 février au soir. Le juge Yvickel Dabrésil avait été arrêté le 7 février, puis emprisonné, parce qu’il aurait, selon le pouvoir exécutif, participé à une « tentative de coup d’État ». Les professionnels du droit appellent les autorités à respecter les lois et procédures mais ils rappellent aussi l’obligation de neutralité politique pour les juges.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Les magistrats haïtiens se gardent de donner publiquement leur avis sur le présumé coup d’État dénoncé par le gouvernement, que l’opposition taxe de scénario mensonger. A l’image de maître Jean Wliner Morin, ils rappellent qu’un juge de la Cour de cassation ne peut être mis en accusation que par la Haute Cour de justice : « Personne n’est au-dessus de la loi cependant nous devons mettre les procédures en application et c’est pourquoi la magistrature dans son ensemble s’est levée pour dire que l’arrestation du juge Yvickel Dabrésil n’est pas bonne. »

Rappel à l'ordre

Mais à l’image du président de la Cour de cassation, le juge Morin a tenu à rappeler ses collègues à l’ordre : « Que tous les magistrats se comportent en magistrats. nous avons des devoirs de réserve ; un magistrat n’est pas un leader politique, un magistrat n’est pas un militant politique. »

Ce rappel ciblait autant le juge Dabrésil, qui a montré son opposition à Jovenel Moïse, qu’aux trois juges que la présidence a nommé, vendredi 12 février, sans respect des procédures légales, à la Cour de cassation.

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