Haïti: des journalistes manifestent contre les violences policières

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En Haïti, la situation sécuritaire se détériore jour après jour. Les enlèvements crapuleux sont quotidiens, des axes majeurs de circulation sont régulièrement paralysés par des barricades sans que les raisons et auteurs des blocages ne soient toujours identifiés. Dans ce contexte, les journalistes déplorent une aggravation de leurs conditions de travail avec une augmentation des violences policières à leur égard. Ils ont été un peu plus de 200 à manifester en ce sens jeudi à Port-au-Prince.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

« La police protège le G9 mais bat les journalistes ». Le G9, c’est le nom que s’est donnée la fédération de 9 gangs de la capitale. En scandant notamment ce chant, les professionnels des médias veulent dénoncer les abus que eux subissent des policiers alors que ces derniers restent passifs devant les défilés en plein jour de criminels visés par des avis de recherche.

Aussi par cette mobilisation, le rappel d’un principe simple : sans liberté de la presse, il n’y a pas de démocratie. « Le droit à l’information est garanti par la Constitution et l’exercice de notre profession aussi, explique Roberson Alphonse, du quotidien Le Nouvelliste. Les autorités, police, justice ou exécutif, doivent se rappeler de ce principe-là. On ne peut pas gazer à tout-va un journaliste, tirer sur lui après l’avoir sciemment identifier. Les journalistes font un métier, ils l’exercent dans le cadre de la loi et Constitution, ils méritent la protection, ils ne doivent pas être agressés, c’est aussi simple que cela. »

En un an Haïti a perdu 21 places au classement mondial de la liberté de la presse. Le pays est aujourd’hui au 83 rang sur 180 pays listés.

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