Haïti: inquiétudes autour d’une nouvelle agence nationale d’intelligence rattaché à l’État

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La crise politique haïtienne s’aggrave de plus en plus chaque jour, alors que le président Jovenel Moïse prend des décrets qui modifient profondément les lois existantes et même la Constitution.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Faute d'avoir organisé les élections législatives, Haïti ne dispose plus de Parlement depuis janvier dernier. Une situation qui permet à Jovenel Moïse de gouverner le pays sans contre-pouvoir. Ces dernières semaines, il semble en profiter : en témoigne le nombre des décrets présidentiels qui se multiplient.

Dernièrement, c’est la création d’une agence de renseignement, l’ANI, rattachée directement au pouvoir exécutif et qui rappelle à beaucoup les pires heures de la dictature, qui suscite la crainte de nombreux Haïtiens. « Ces décrets, notamment le décret créant l’Agence nationale d’intelligence, qui organise autour du chef de l’État une organisation d’intelligence, sont des actes qui rappellent la période des Duvalier, la mise en place de la police politique des Duvalier, la mise en place des escadrons de la mort qui ont attaqué et tué des opposants politiques, contesté tous les mouvements politiques opposés au président à vie. Donc l’histoire est en train de se répéter et c’est ce qui fait peur », dénonce l’avocat Samuel Madistin.

Cette peur est d’autant plus exacerbée que les agents de l’ANI, qui peuvent faire des perquisitions et des arrestations sans l’aval d’aucun juge et à qui l’anonymat est garanti, ne pourront être poursuivis en justice que si le président donne son autorisation.

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