Haïti: comment distribuer l'aide humanitaire de manière équitable?

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Plus de deux semaines après le tremblement de terre en Haïti, des questions émergent sur la façon de distribuer l’aide humanitaire de manière équitable à toutes les victimes de la catastrophe. Pour ne pas que ces distributions virent à la cohue chaotique, plusieurs organisations travaillent avec un système de cartes.

Avec nos envoyés spéciaux à Anse-à-Veau, dans le département des Nippes, Stefanie Schüler et Nicolas Bénita

Une petite foule se presse devant le portail de la paroisse Sainte-Anne. Perché sur l’arrière d’un pick-up, le père Louis Wesly Mérosné explique inlassablement aux sinistrés qu’il n’y aura pas de distribution alimentaire ce jour-là. « Les gens ont faim. Ils avaient déjà faim avant le séisme. Après cette catastrophe c’est pire », constate ce curé de Anse-à-Veau une commune dans le département des Nippes.

Porte-à-porte

Pour organiser la répartition de l’aide humanitaire de manière équitable, le père Louis Wesly Mérosné a fait appel à la branche locale de la Caritas, l’organisation caritative de l’église catholique. Ce sont de jeunes volontaires qui font du porte-à-porte : « Je les ai envoyés dans les maisons pour voir qui étaient les vraies victimes. Parce que, certes, tout le monde est dans le besoin. Mais quand nous recevant de l’aide pour des victimes du tremblement de terre, il s’agit d’abord de les identifier. Pour faire de la discrimination positive », poursuit le curé de Anse-à-Veau, il fallait aller chez eux pour identifier quelle maison était affectée, fissurée, endommagée ou détruite. Puis, après cette évalutaion on donnait une carte (de distribution, ndlr) à cette maison-là et on leur disait : samedi à telle heure, on vous attend à la cathédrale. Puis, ils viennent avec la carte, font la queue ».

Munis de leur carte, les victimes reçoivent dans l’enceinte de la paroisse un kit constitué de riz, de haricots et d'huile. Le père Louis se félicite que ces distributions se déroulent dans le calme. « Au début, tout le monde s’est bousculé devant la barrière parce qu’ils qu’il fallait se battre pour arriver le premier. Je leur ai dit : si tu as une carte, c’est qu’il y a quelque chose pour toi »

Élargir le champ d'action

Dans les jours à venir, le père Louis voudrait élargir son champ d’action. « Nous sommes en train de préparer un recensement plus approfondi dans tous les villages et hameaux des zones rurales. Pour savoir aussi combien de familles vivent dans une maison ; ça peut être plusieurs. Ces données nous permettront d’avoir une idée bien plus précise ce qui nous aidera ensuite de faire des demandes pour les livraisons d’aide humanitaire ».

Dans les zones reculées autour de la ville de Anse-à-Veau, les paysans ont en effet entendu parler des cartes de distribution de la paroisse de Sainte-Anne. Ils disent de ne pas avoir encore reçu de visite pour évaluer leurs besoins.

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