Haïti: les critiques fusent après la désignation d'un président et d'un Premier ministre

C'est finalement sans vote, mardi 30 avril, que l'ancien président du Sénat haïtien Edgard Leblanc Fils a été désigné pour prendre la tête du Conseil présidentiel de transition. Comme Premier ministre, une majorité des membres de l'instance a porté son choix sur l'ancien ministre Fritz Belizaire. La décision ne fait pas l'unanimité.

Beaucoup d'Haïtiens, après avoir attendu des mois la mise en place de ce Conseil censé mettre fin au chaos dans le pays, saluent un pas dans la bonne direction avec la nomination d'un président et d'un Premier ministre.

Mais des voix critiques se font aussi entendre, et pas des moindres. C'est le cas du Bureau de suivi de l'Accord de Montana (BSA), un groupement issu de la société civile, représenté au sein du Conseil par Fritz Alphonse Jean. Ce dernier n'a pas signé le communiqué publié mardi soir par son organisation.

Très critique, elle dément qu'il y ait eu « consensus » dans le choix des personnes désignées. Pour l'Accord du Montana, le processus prévu par l'accord politique du 3 avril dernier (qui encadre la mission et l'organisation du Conseil de transition) n'a pas été respecté. « Des forces mafieuses, politiques et économiques, ont décidé de prendre le contrôle du Conseil et du gouvernement pour continuer à contrôler l'État [...] et se partager le gâteau », déplore le BSA.

« Dépasser les chapelles »

Le représentant de Fanmi Lavalas au Conseil, lui aussi, dénonce la procédure. Interrogé par le journal Le Nouvelliste, Leslie Voltaire estime que le bloc majoritaire qui s'est entendu pour nommer Fritz Belizaire aurait dû soumettre ce choix d'abord aux autres membres.


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