Hôtel Hyatt : une grève pour la dignité

Libération.fr
Rue de la Paix, à Paris, le 4 octobre 2018.

La mobilisation du personnel gréviste est partie pour durer. La direction reste sourde à leurs revendications, inchangées depuis 3 semaines.

Depuis le 25 septembre, non loin de la place Vendôme, la très chic rue de la Paix a pris des allures inhabituelles. Au niveau du numéro 5, au milieu des boutiques de luxe, tous les jours de 10 heures à 15 heures, un rassemblement joyeux, déterminé et festif de femmes de chambres, d’équipiers et de gouvernantes propose aux passants des tracts et des rythmes de tam-tam. Devant l’entrée du palace Park Hyatt Paris-Vendôme, ce groupe de femmes munies de drapeaux et d’une banderole de la CGT reçoit de fréquentes visites d’hommes en uniforme bleu marine – et ce ne sont pas des visites de courtoisie…

Une nouvelle fois, les salarié·e·s de l’hôtellerie relèvent la tête. 55 grévistes d’un hôtel de luxe – les chambres à l’Hyatt Paris-Vendôme coûtent de 1 500 à 18 000 € la nuit –, avec leurs syndicats CGT-HPE et US CGT Commerce, mènent bataille pour leur dignité, contre l’esclavage moderne dans le secteur hôtelier. Une nouvelle fois, une grève y dénonce le recours à la sous-traitance et ses méfaits sur les conditions de travail. La solidarité entre les salarié·e·s de Hyatt et celles et ceux de la société sous-traitante, le groupe STN-TEFID, y est remarquable. Mais la direction refuse de négocier sous des prétextes fallacieux et joue la carte de la «fermeté», de la provocation et de la violence.

Pourtant, la satisfaction des revendications des grévistes ne devrait pas ruiner un groupe hôtelier surpuissant comme Hyatt. Qu’on en juge : les personnels en grève exigent d’abord l’embauche directe par Hyatt des salarié·e·s de la sous-traitance. Ils et elles veulent aussi des augmentations de salaire de 3 € par heure, le remboursement à 100 % des titres de transport et la mise en place de représentants de proximité pour les personnels. S’y ajoutent l’exigence d’une diminution des cadences, une prime d’intéressement annuelle, d’un compte pénibilité (...)

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