Hôpital public: «Les investissements d’aujourd’hui seront les économies de demain»

Richelme, Marguerite
«Comme le demande le Collectif interhôpitaux, la règle doit être le juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité» (Gérald Kierzek) / THOMAS SAMSON/AFP

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour le médecin urgentiste Gérald Kierzek, l’hôpital public ne peut aller mieux sans l’abandon d’un management technocratique des hôpitaux et doit respecter les soignants et les malades.

Gérald Kierzek est médecin urgentiste et chroniqueur santé sur LCI.

FIGAROVOX.- Plus d’un millier de chefs de service de l’hôpital public ont présenté mardi leur démission, pour dénoncer le manque de moyen de l’hôpital public, ces démissions sont-elles un effet d’annonce ou peuvent-elles avoir des conséquences réelles auprès de la Ministre de la Santé?

Gérald KIERZEK.- Nous, professionnels de santé et mes collègues démissionnaires, ne sommes pas dans des effets d’annonces ou des jeux de communication. La situation est très grave pour les hôpitaux avec des conséquences dramatiques pour les patients. La perte de chance pour nos malades et l’état de déliquescence de l’hôpital public sont déontologiquement inacceptables et les médecins ne veulent plus être cautions d’une situation qu’ils dénoncent depuis des mois voire des années sans écoute. Pire, et c’est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, on est face à un silence méprisant affiché par les tutelles et une poursuite de la même politique financière et administrative mortifères. Et pour le coup les effets d’annonce ou de manche sont plutôt à voir dans les dernières annonces ministérielles. Comment peut-on sérieusement imaginer que la prime de 66 euros donnée aux seules infirmières et aides-soignants de Paris et sa banlieue suffisent à calmer la crise de l’hôpital? C’est de l’ordre de l’aumône plutôt que d’une véritable politique de santé.

Comment compense-t-on actuellement le manque de personnel dans les hôpitaux?

Le manque de personnels a des conséquences directes et concrètes: fermetures de 900 lits à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris par exemple faute d’infirmiers!

Plutôt que de recruter, le manque est ponctuellement compensé par des personnels intérimaires aux intermédiaires (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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