Hôpital: pourquoi un lit sur cinq est fermé dans le public

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Un lit sur cinq est actuellement indisponible dans les hôpitaux français selon une étude menée par Jean-François Delfraissy. (photo d'illustration) (Photo: Lewis Joly via AP)
Un lit sur cinq est actuellement indisponible dans les hôpitaux français selon une étude menée par Jean-François Delfraissy. (photo d'illustration) (Photo: Lewis Joly via AP)

HÔPITAUX - Lits indisponibles. Environ un lit sur cinq est fermé dans les grands hôpitaux publics, selon une enquête dirigée par Jean-François Delfraissy, révélée par Libération ce mercredi 27 octobre. En cause, notamment, le manque de personnels soignants.

Début octobre, le président du Conseil scientifique et du ­Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et la logistique des directeurs de CHU, ont mené une enquête pour faire un “point instantané” sur le nombre de lits indisponibles. Constat: au moins 20% des lits disponibles sur le papier ne le sont actuellement pas.

Libération évoque en outre un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publié en septembre, qui établit qu’en 2020 déjà, 5800 lits “d’accueil en hospitalisation” ont été fermés. En 2013 ils n’étaient pas moins de 27.000. Aujourd’hui il reste 387.000 lits disponibles sur le papier, mais ces derniers ne sont donc pas tous opérationnels.

“Démotivation” et “mal-être massif”

Et pour cause: les hôpitaux sont en manque d’infirmières et d’aide-soignantes avant tout, mais aussi de médecins titulaires. Ces derniers sont lessivés par la crise du Covid et dégoûtés des réponses jugées insuffisantes apportées par le gouvernement et le Ségur de la santé.

Le docteur Patrick Goldstein, chef des urgences du CHU de Lille et patron du Samu du Nord, pointe un “mal-être massif, une démotivation” dont découlent des difficultés de recrutement, des départs et de l’absentéisme. “C’est ce que j’appelle une crise des valeurs. Le monde d’aujourd’hui à l’hôpital est pire que celui d’hier”, ajoute-t-il dans le quotidien.

Question absentéisme, il est en hausse selon la conférence des présidents de commission médicale d’établissement de CHU. En effet, la moyenne nationale tournerait autour de 11 %, “alors que nous étions autour d’une moyenne nationale de 8 % à 9 % avant l’épidémie de Covid”, précise son président François-René Pruvot. Cet absentéisme atteint quasiment 12 % à l’AP-HM, comme à Lille, relate François Crémieux. À Paris, il pointe à 9,5 % alors qu’il était de 8 % avant la crise du Covid, note Libération.

“Tout cela prend du temps”, se défend Véran

Interrogé dans le journal, Olivier Véran ne nie pas les difficultés, mais il refuse d’en confirmer l’ampleur. “Oui, il y a un certain nombre d’unités dans des hôpitaux qui sont obligées de fermer temporairement, ou de réduire la voilure, faute de soignants, faute surtout de pouvoir en recruter”, concède le ministre de la Santé.

Interrogé à la mi-journée, le porte-parole du gouvernement a fait savoir qu’une “enquête a été lancée auprès de l’ensemble des établissements pour objectiver la situation”.

Assurant ne pas avoir “de médecins cachés dans le placard qui attendent qu’on appuie sur un bouton pour les déployer dans les hôpitaux”, Olivier Véran défend cependant l’action de son gouvernement qui a ouvert des places en médecine et dans les écoles d’infirmières. “Néanmoins, tout cela prend du temps”, pointe le ministre. En attendant, la situation est critique.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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