A vous qui hésitez à vous abstenir, je vous comprends mais voici la France que nous devons choisir ensemble

Éric Rochant
Débat présidentielle Macron Le Pen: Et si la meilleure manière de mettre quelqu'un en colère était de lui dire qu'il est en colère?

J-9 avant le désastre.

Le désastre peut s'appeler chez moi Le Pen.

Je le sais, il peut s'appeler chez vous Macron également.

Je m'adresse à ceux qui aujourd'hui affrontent un dilemme terrible que je comprends.

Je le comprends d'autant mieux qu'avant les résultats du premier tour, j'avais déjà réfléchi au dilemme qui pourrait être le mien si Mélenchon était finaliste contre Le Pen. J'aurais eu moi-même à affronter deux perspectives de ce que je crois être le désastre et à choisir l'une des deux.

J'ai écrit (sur ma page Facebook et sur mon blog) à l'avance que j'aurais voté Mélenchon.

Avant de vous parler de ce dilemme que vous vivez, je veux vous dire très vite d'où je parle pour que tout soit clair.

Je suis petit-fils d'immigrés juifs polonais. Mes grands-parents paternels étaient communistes.

Je suis enfant d'enfants cachés pendant la guerre.

Je suis petit-fils d'un homme arrêté par la gendarmerie française, livré par eux aux Allemands et mort en déportation dans le camp nazi de Maidanek.

C'est dire les raisons que j'ai de choisir n'importe quel bulletin contre l'extrême droite, les héritiers de Pétain, les complices de révisionnistes et les partisans de la préférence nationale.

On peut ne pas avoir ces raisons plutôt personnelles, intimes même. On peut aussi estimer que Le Pen, ça n'a rien à voir avec tout ça.

Autre chose: j'ai voté Macron au premier tour. Ça n'était pas pour moi un vote utile ni un vote par défaut. Je pense que les solutions réalistes pour régler les problèmes du chômage, des inégalités sociales et de la nécessaire adaptation à ce monde globalisé qui change si vite, c'est Emmanuel Macron qui les propose.

On peut ne pas partager cette opinion.

On peut avoir l'opinion contraire: le projet de Macron serait justement ce qui crée de l'inégalité, de la précarité et donc de la violence sociale, et donc du désespoir, et donc nourrirait la tentation de l'extrême-droite. J'entends cette opinion.

Tous se tournent vers vous car vous...

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