Les héros du Bataclan

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Le 13 novembre 2015, Daech semait la terreur à Paris et au Stade de France, faisant 130 morts et 350 blessés. À l’occasion du procès qui s’ouvre le 8 septembre, Paris Match a rencontré des policiers, témoins et victimes dont la vie a basculé ce jour-là. 

Aux survivants cachés dans les loges, les placards, les faux plafonds du Bataclan, il n’a pas osé donner son vrai prénom. Il ressemblait trop à celui des terroristes. « C’eût été ajouter au chaos », dit-il, yeux doux, sourire voilé de celui qui a échappé à l’horreur, sans la croire définitivement passée. Le procès des attentats de novembre 2015, qui s’ouvre dans quelques jours, l’oblige à redoubler de prudence. Il demande l’anonymat.

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A l'aube, le meneur de l'assaut repasse au "36", ôte sa combinaison couverte de chairs et de sang. Devant sa femme, silence

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Au 36, quai des Orfèvres, siège de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), ce mythique service jadis baptisé l’« antigang », on l’appelle « le héros ». Cette nuit du 13 novembre, à 00 h 18, il a mené la colonne d’assaut qui a enfoncé la porte derrière laquelle se retranchaient, avec une douzaine d’otages, deux terroristes armés de kalachnikovs et de gilets explosifs. Il était en première ligne, dans l’étroit couloir, les mains accrochées au bouclier face aux tirs en rafales, des innocents à ses pieds. Une marche ratée a fait tomber le bouclier, il a continué dans la fumée des grenades, touché un terroriste qui a explosé, le souffle balayant le second, éliminé avant d’avoir actionné sa ceinture meurtrière. Aucune victime durant l’assaut, hormis un collègue touché à la main. À l’aube, il est repassé au « 36 », a ôté sa combinaison couverte de chairs et de sang, pris une douche avant de rentrer chez lui. Silence devant sa femme, il a fallu des semaines pour qu’il puisse raconter, des mois pour sa mère. « Je voulais les protéger », confie-t-il, presque frêle dans son tee-shirt gris acier. Le pays ne l’a pas honoré. Les Français ne connaissent pas ce héros(...)


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