A Hénin-Beaumont, les militants FN entre joie et inquiétude

par Pierre Savary
Les militants du Front national présents à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) oscillaient dimanche, soir du premier tour de l'élection présidentielle, entre la joie de voir Marine Le Pen qualifiée au second tour et l'inquiétude à l'idée que pourrait se former une coalition anti-FN. /Photo prise le 23 avril 2017/REUTERS/Charles Platiau

par Pierre Savary

HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais (Reuters) - Les militants du Front national présents à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) oscillaient dimanche, soir du premier tour de l'élection présidentielle, entre la joie de voir Marine Le Pen qualifiée au second tour et l'inquiétude à l'idée que pourrait se former une coalition anti-FN.

Les "Marine Présidente" ont retenti dans la salle où étaient réunis les militants dès que le portrait de la présidente du parti d'extrême droite est apparu sur les écrans géants, à côté de celui d'Emmanuel Macron, à 20h00 (18h00 GMT).

Une Marseillaise a ensuite été reprise en choeur par des centaines de militants frontistes, drapeaux français en main, devant de nombreux journalistes français et étrangers venus dans cette ville du bassin minier, base électorale de Marine Le Pen.

"C'est le plus beau jour de ma vie", a exulté Jean-Michel Desmadrille, au FN depuis 25 ans. "Marine est la seule à pouvoir remporter ce duel, elle est la seule capable de relever le pays, de faire vivre ce pays sans avoir besoin des populations étrangères", a-t-il poursuivi.

L'ambiance est encore montée d'un cran lorsque la présidente du parti a pris la parole, peu après 21h00 (19h00 GMT), pour un discours ponctué de sifflets destinés à Emmanuel Macron, décrit comme l'"héritier de François Hollande", et de cris de soutien après son appel à la "libération du peuple".

Mais cette joie a été aussitôt été teintée d'une crainte liée à la possibilité que se forme un front anti-FN, comme après la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour, il y a 15 ans.

"Tout le monde va encore se regrouper contre nous", a estimé Janine, 58 ans, habitante d’Henin-Beaumont. "C’est à chaque fois pareil, à chaque élection ça recommence. Mais, un jour, la France vaincra", a-t-elle poursuivi, avant de huer le candidat défait de la droite, François Fillon, apparu à l'écran.

Les élus frontistes présents à Hénin-Beaumont ont pour leur part insisté sur la possibilité d'une victoire le 7 mai, à l'image de Steeve Briois, maire d'Hénin-Beaumont et vice-président du parti.

"Marine va parler à tout le peuple français et aussi aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Il va falloir parler aux travailleurs, aux Français, qui ne veulent pas d’Emmanuel Macron", a-t-il déclaré. "Lui et les ultra-libéraux, c'est un choix. Nous représentons l’autre choix, celui du peuple, celui de la France."

(Edité par Simon Carraud)

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