Héberger les migrants, les demandeurs d'asile et les pauvres ne leur donne pas un habitat

Libération.fr
Evacuation du camp de migrants de la Place Stalingrad, pour être transférés vers des centres d'hébergement en Ile-de-France, le 4 novembre 2016.

La revue «D'architectures» plaide pour un «droit à l'habitat minimum universel» à rebours des normes de l'hébergement et de leurs résultats déplorables.

Héberger et loger, ce n’est pas la même chose. A l’heure où la France est confrontée à l’arrivée des migrants, tandis que continue de croître le nombre des sans-abri et que les bidonvilles se multiplient, la revue D’architectures remet en cause l’hébergement de ces populations. «Etre hébergé, écrit Pascale Joffroy dans l’article d’ouverture du dossier, c’est disposer d’un lit et pouvoir se laver. Ce n’est pas habiter.»

Dans les structures d’hébergement, les règles des lieux font que l’occupant est «privé des latitudes individuelles et de potentialité qui font de l’habitation le creuset fertile de la vie quotidienne». Peut-on parler d’habitat quand un endroit ne permet ni de cuisiner ni de recevoir alors qu’il est par ailleurs parfaitement aux normes ? Pour l’auteure de l’article, «le problème que pose l’hébergement n’est pas son existence ponctuelle, mais son institution comme "solution" unique et sous-architecturée du sans-abrisme, pour des temps de vie qui dépassent largement l’urgence dont il se réclame».

En fait, l’hébergement est pris dans une inflation de normes techniques qui ont fait perdre de vue qu’il était supposé aider les bénéficiaires à s’en sortir. «Aujourd’hui, nous privilégions les standards d’installation hissés vers le haut et restons sourds aux besoins d’habitation et de "dépannage" et aux attentes spécifiques des vies en difficultés», constate aussi Pascale Joffroy.

Doctrine

Pourtant, un simple regard en arrière permet de se rendre compte que, «depuis l’origine de la ville industrielle, le logement modeste de droit commun a été l’habitat au plein sens du terme de générations entières de pauvres et d’étrangers». Impossible désormais. Aujourd’hui, sans qu’il soit question de se transformer en marchand de sommeil, il est interdit de mettre «le parc privé peu doté de (...)

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