Des gynécologues soupçonnés d'avoir inséminé des patientes avec leur propre sperme

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Trois gynécologues sont soupçonnés par l'association PMAnonyme d'avoir eu recours à leur sperme pour inséminer des patientes. (Photo d'illustration : Getty Images/iStockphoto)
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Selon une enquête réalisée par franceinfo, le Conseil national de l'Ordre des médecins a été alerté par l'association PMAnonyme. Trois gynécologues sont soupçonnés d'avoir pratiqué des inséminations avec leur propre sperme.

L'association PMAnonyme a récemment adressé un document au Conseil national de l'Ordre des médecins sur de possibles "fautes éthiques et déontologiques graves" au cours des années 1970 et 1980, rapporte Franceinfo

Dans ce mail, l'association soupçonne trois gynécologues d'avoir inséminé à des patientes leur propre sperme, "et ce à leur insu." Deux d'entre eux sont morts.

Des découvertes ADN

Trois femmes membres de l'association, nées entre 1974 et 1986, d'une insémination avec donneur en cabinet de gynécologie, ont alors réalisé des test ADN. Ces kits sont interdits en France mais restent accessibles en ligne. 

Suite aux résultats, Natacha Jolivet a découvert qu'elle serait la descendante des parents du gynécologue de sa mère. "Au vu des dates de naissance et des données de l'arbre généalogique, le gynécologue est bien le géniteur de Natacha", assure une spécialiste de généalogie génétique à Franceinfo. 

Marjorie Mendes qui a contacté à l'issue des résultats ADN ses cousins génétiques, voit rapidement le nom du gynécologue de sa mère apparaître au cours des conversations. La trentenaire compte des correspondances génétiques avec sept membres de la famille du médecin. Elle découvre ensuite une nouvelle correspondance ADN de 20% avec un homme qui pourrait être son demi-frère. La mère de ce dernier avait consulté le même gynécologue que la mère de Marjorie pour une insémination prévue avec les spermatozoïdes de son mari. 

Contacté par Franceinfo, le gynécologue réfute d'avoir utilisé son propre sperme et parle d'un cousin. Mais pour deux spécialistes de généalogie consultés par le média, la probabilité que le gynécologue ou l'un de ses frères soit le géniteur de Marjorie Mendes est de "99,9%" par rapport au scénario d'un cousin.

Des dons de gamètes "fraîches"

Avant la création du premier Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos), en 1973, "les inséminations artificielles se faisaient dans un certain nombre de cabinets médicaux, selon les pratiques qui étaient celles des gynécologues concernés", explique le biologiste de la reproduction Pierre Jouannet, ancien président de la Fédération française des Cecos à Franceinfo. 

Selon ce spécialiste, dans les années 60, des gynécologues pouvaient par exemple faire appel à des étudiants en médecine pour des dons de sperme frais. 

En 1986, le gynécologue de la mère de Marjorie Mendès proposait toujours des gamètes "fraîches" et aurait parlé de cette pratique à sa patiente après plusieurs échecs avec des dons congelés. "Pour moi, c'était une personne venue avant. Lors de l'insémination, il n'a rien dit, il m'a juste demandé un petit quelque chose pour payer la personne. J'ai demandé s'il y avait des garanties au niveau de certaines maladies, et il m'a dit de ne pas m'inquiéter", confie la mère de Marjorie à Franceinfo. 

Le 31 décembre 1991, une loi met officiellement fin aux dons de sperme frais. L'interdiction est confirmée trois ans plus tard avec les premières lois de bioéthique.

"Avant cet arsenal législatif, des médecins ont-ils pu profiter de cette technique pour utiliser leurs propres gamètes ?", interroge le site d'information.

Dans son mail à Ordre des médecins, PMAnonyme assure "signaler de façon informelle" ces découvertes et les questionnements qu'elles posent "sans objectif de contentieux". Les patientes et non leurs enfants, pourraient porter plainte.

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