Gynécologie : Après des accusations de maltraitance, les nouveaux conseils en matière d’examens

Le collège recommande de questionner les patientes sur l’existence de violences actuelles ou passées, y compris dans le cadre de la consultation ou du suivi gynécologique ou obstétrical.
7postman / Getty Images/iStockphoto Le collège recommande de questionner les patientes sur l’existence de violences actuelles ou passées, y compris dans le cadre de la consultation ou du suivi gynécologique ou obstétrical.

MÉDICAL - Il s’agit de rétablir la confiance entre les patientes et les gynécologues. Après des accusations de violences gynécologiques envers plusieurs praticiens, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a donné à ses membres des recommandations à suivre lors des consultations de gynécologie.

Par exemple, l’utilisation du spéculum ou le toucher vaginal, qui constituent ce que l’on appelle des « examens pelviens », seraient « souvent inutiles » et ne doivent « pas être systématiques », a indiqué mercredi 25 janvier le CNGOF, lors d’une conférence de presse à quelques jours de son congrès annuel.

Idem pour les échographies endovaginales - une technique d’imagerie médicale qui consiste à explorer l’utérus et les ovaires par l’intermédiaire d’une sonde échographique placée dans le vagin -, qui sont actuellement recommandées dans un certain nombre de cas à des fins de détection et de prévention. Leur usage n’apporte pourtant pas systématiquement de bienfaits reconnus, reconnaît le CNGOF.

Speculum et toucher vaginal

À titre d’exemple, chez une femme enceinte sans symptômes et sans antécédent d’accouchement prématuré, la mesure systématique de la longueur cervicale par échographie endovaginale n’est pas recommandée, car cet examen n’est pas associé à une diminution de la prématurité, précise le collège.

Chez une femme enceinte ne présentant pas de symptômes et n’ayant pas de facteur de risque d’accouchement prématuré, le recours systématique au toucher vaginal lors des consultations de suivi n’est pas non plus recommandé, car il ne diminue pas les complications de la grossesse.

Consentement éclairé

En outre, le collège recommande de questionner les patientes sur l’existence de violences actuelles ou passées, y compris dans le cadre de la consultation ou du suivi gynécologique ou obstétrical, l’examen pelvien étant « moins bien vécu (anxiété, inconfort, douleurs, gêne, honte) chez les femmes ayant des antécédents de violence que chez les femmes n’en présentant pas ».

« Même si un examen pelvien est recommandé, il n’est que proposé à la femme, qui l’accepte ou non », a insisté en conférence de presse Xavier Deffieux, gynécologue qui a participé à l’élaboration des recommandations.

Les recommandations surviennent au moment où des voix se multiplient en Europe pour dénoncer les violences obstétricales, certains groupes de défense des droits affirmant que les femmes se voient régulièrement refuser le consentement éclairé et sont soumises à des comportements grossiers et dégradants par le personnel médical et, dans certains cas, à des pratiques dangereuses.

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