Gymnastique: Simone Biles régale pour son retour avec un saut impossible rebaptisé à son nom

De retour sur la scène planétaire après deux ans d'absence, la superstar de la gymnastique Simone Biles a impressionné dès son entrée en lice aux championnats du monde d'Anvers (Belgique) en réussissant un saut d'une difficulté extrême lors des qualifications. Ce saut, un Yurchenko double carpé, prend désormais le nom de l'Américaine de 26 ans, Biles étant la première femme à le réussir dans une compétition internationale. Il a été récompensée d'une note de 15,266 points, loin devant la concurrence. Et encore! Son entraîneur s'étant positionné sur le côté du tapis par sécurité, il lui a été retiré 0,5 point de pénalité.

Au total, elle cumule 58,865 points au terme des quatre agrès et prend la tête des qualifications après les trois premières subdivisions (sur dix). Avec ses coéquipières Shilese Jones, Leanne Wong, Skye Blakely et Joscelyn Roberson, les Américaines totalisent 171,395 et vont être dures à déloger de la première place. Simone Biles fait à Anvers son retour au niveau international, deux ans après des JO de Tokyo éprouvants. Arrivée au Japon en tant que grande favorite après ses quatre titres remportés cinq ans plus tôt à Rio, Biles avait craqué, se retirant de la plupart des épreuves à cause de "twisties", des pertes brutales de tout repère dans l'espace.

Un an pour prendre soin de sa santé mentale

Ce dimanche, elle a donné l'impression de n'avoir jamais arrêté. Pourtant la quadruple championne olympique a complètement coupé avec la gym pendant plus d'un an pour prendre soin de sa santé mentale et n'est revenue à la compétition qu'en août dernier.

L'Américaine, lumineuse dans son justaucorps turquoise à paillettes, a commencé ses qualifications par un exercice maîtrisé aux barres asymétriques (14,400 pts), avant d'enchaîner par des variations impeccables à la poutre (14,566) et au sol (14,633). Mais c'est au saut de cheval qu'elle a le plus ébloui le public de la capitale du diamant.

Coachée par un Français

"Elle l'a fait! C'est tout ce que je peux dire", a souri son coach, le Français Laurent Landi. "Elle gère ses nerfs, elle gère la pression... C'était le dernier agrès (le saut), avec de la fatigue... C'est super, c'est super." "Les gens, j'espère, réalisent que c'est peut-être la seule fois de leur vie qu'ils verront un saut comme celui-ci réalisé par une gymnaste féminine. Il est temps d'apprécier cela", a -t-il ajouté à propos de ce fameux Yurchenko double carpé.

Un saut qui démarre par une impulsion en rondade et se poursuit par un double salto arrière, le corps plié en deux et les jambes tendues, qu'elle maîtrise en fait depuis 2021 et qu'elle avait prévu de réaliser aux Jeux de Tokyo. Il a finalement fallu attendre deux ans et ces Mondiaux belges pour l'inscrire dans le code de notation de la gymnastique, 21 ans après que le Chinois Yang Wei ait fait de même chez les hommes. Signe de sa difficulté, depuis le Chinois, seuls une poignée de gymnastes masculins l'ont osé en compétition.

Biles ne s’est pas exprimée

Avec ce saut, qui demande à la fois puissance, vitesse, technique et sens du timing, Biles baptise un cinquième élément technique à son nom dans le code de la gym. L'Américaine, qui dispute à Anvers ses premiers championnats du monde depuis 2019, ne s'est pas exprimée à l'issue des qualifications, parcourant la zone mixte à toute vitesse et dans un grand sourire. Elle sera de retour dans le Sportpaleis de la cité portuaire flamande mercredi pour la finale féminine par équipe.

Article original publié sur RMC Sport