Dans un gymnase de Martigues, des touristes "choqués" évacués de leurs campings

Alice LEFEBVRE
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Plusieurs personnes se reposent dans le Gymnase Alain Calmat après avoir fuit un incendie, à Sausset-les-Pins, près de Marseille, le 4 août 2020
Plusieurs personnes se reposent dans le Gymnase Alain Calmat après avoir fuit un incendie, à Sausset-les-Pins, près de Marseille, le 4 août 2020

Martigues (AFP) - "On avait l'impression de s'engloutir dans le feu": la famille Gribovalle, en vacances dans un camping des bords de la Méditerranée, a été évacuée à cause de l'incendie ravageant un massif et passe la nuit, comme 200 personnes, dans un gymnase de Martigues.

Plus d'un millier de personnes dont de nombreux touristes séjournant dans des campings du littoral méditerranéen ont été évacuées mardi soir. Tous fuyaient un violent incendie contre lequel les pompiers se préparaient à "une lutte difficile toute la nuit".

"J'ai été évacuée avec ma mamie et mes arrières-grands-parents mais j'ai laissé mes parents et mon frère sur la plage", explique Zoé, 12 ans, couchée sur un lit de camp installé dans le gymnase Pablo Picasso à Martigues.

En vacances avec toute sa famille dans le camping la Source à la Couronne comme tous les ans, Zoé était "en train de jouer" avec son cousin, "quand ma maman est venue me chercher en panique pour prendre mes affaires".

"C'était la panique, on a dû descendre sur la plage et on voyait les flammes se rapprocher", explique son arrière-grand-mère Maryse Escuder, 83 ans, "rassurée d'être arrivée dans le gymnase".

"Je n'ai pas peur pour moi mais pour toute ma famille restée là-bas, on ne sait pas comment et quand ils vont être évacués", ajoute calmement la retraitée.

A l’intérieur du gymnase, des matelas de sport et des lits de camps jonchent le sol. Vers minuit, des enfants et des personnes âgées tentent de s'endormir. A l'entrée, des bénévoles de la Croix-Rouge accueillent les arrivants et ceux du Secours populaire leurs distribuent de la nourriture, des masques et des bouteilles d'eau.

Dehors le mistral persiste et la fumée de l'incendie est visible depuis le parking du gymnase.

"Nous sommes le centre d'accueil le plus rempli, nous en sommes au 4e bus, ce sont 250 personnes qui vont passer la nuit ici, essentiellement des touristes des campings de la zone", explique Elsie De Micas, responsable de la "cellule de crise du gymnase Pablo Picasso".

- "On voyait les flammes de la route" -

Comme tant d'autres, la famille Gribovalle originaire de Saint-Omer (Nord-Pas-de-Calais,) en vacances dans un autre camping de La Couronne, va passer la nuit dans ce centre.

Après avoir passé la journée à Marseille, la famille s'est retrouvée "coincée sur l'A55 pendant deux heures", sans pouvoir rejoindre son lieu de vacances.

"On voyait les flammes depuis la route, on avait l'impression de s'engloutir dans le feu", lance Patricia Gribovalle, 47 ans, en larmes. "Je n'ai jamais vécu ça", ajoute-t-elle, "inquiète" pour ses affaires laissées au camping.

"Quand j'ai vu l'ampleur de l'incendie, j'ai appelé la police qui nous a envoyés ici", précise son mari, Hervé, âgé de 50 ans.

Marie-Thérèse Vilbois, 77 ans, "flânait sur la plage" près du camping des Mouettes à Martigues quand elle a vu "les flammes monter dans le ciel et des nuages de fumée". Alors, "j'ai pris un gilet chaud et je suis allée sur la plage", où elle est montée dans un bus en direction du gymnase. "On a fait le plus dur, là il suffit de passer le nuit", précise la retraitée, en vacances pendant deux mois sur la côte bleue.

Originaires d'Aix-la-Chapelle en Allemagne, Ebru Mese et Marc Lorenz, un jeune couple d'allemands, tentaient d'endormir leurs trois enfants, dont un bébé de 10 mois: "J'ai commencé par sentir l'odeur de fumée et ensuite j'ai vu les flammes", explique le père de famille. "Nous sommes rassurés d'être ici, les gens sont gentils et serviables", ajoute-t-il.

Vers 1h du matin, une trentaine de personnes affluaient encore pour passer la nuit dans le gymnase, tous "choqués", "fatigués". D'autres bus, remplis de personnes évacuées, étaient redirigés vers d'autres gymnases.