Guyane: le collectif "Pou Lagwiyann dékolé" menace de nouvelles actions

Des représentants du mouvement des "500 frères" s'adressant à la foule à Cayenne, le 21 avril 2017

Paris (AFP) - Le collectif "Pou Lagwiyann dékolé", qui a piloté le mouvement social ayant paralysé la Guyane pendant plus d'un mois, a menacé mercredi de reprendre les actions, s'il n y a pas de solution trouvée dans les 48 heures aux conflits sociaux à EDF et à l'hôpital de Cayenne.

Le port de Degrad-des-Cannes à Cayenne était par ailleurs bloqué mercredi par "l'ensemble des syndicats de la plateforme portuaire", qui ont décidé d'apporter leur soutien aux grévistes d'EDF et de l'hôpital, a-t-on appris auprès de l'UTG Dockers.

Alors qu'un accord de fin de conflit a été signé le 21 avril pour lever les barrages qui paralysaient la Guyane, deux grèves sectorielles portées par l'Union des travailleurs guyanais (UTG) perturbent encore le centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne (CHAR) et les services EDF.

Dans une conférence de presse retransmise par vidéo sur le site Facebook du collectif "Pou Lagwiyann dékolé", les membres du collectif ont posé un ultimatum. "Nous donnons 48 heures pour que ceci soit réglé", ont-ils dit, s'affirmant une nouvelle fois "déterminés à aller jusqu'au bout", sans préciser quelles pourraient être leurs actions.

Appelant "toute la population à soutenir les grévistes", ils ont rappelé que, si la Guyane subit actuellement des coupures de courant organisées par les grévistes d'EDF, "il y a des coupures permanentes en Guyane" et "certaines communes ne sont alimentées que par des groupes électrogènes".

A EDF, les grévistes réclament notamment le comblement de "84 postes vacants" et le "paiement des jours de grève". Ils réclament aussi "un plan d'action pour l'amélioration des conditions de travail de sécurité des agents EDF des communes de l'intérieur", la "reconnaissance des compétences du personnel local", et le départ du directeur d'EDF Guyane.

Une partie des grévistes occupe depuis plusieurs jours deux centres de pilotage du réseau électrique, et organise des coupures de courant, dénoncées par la direction d'EDF, qui a porté plainte en référé. Mardi, près de 40% de la Guyane a ainsi été privée d'électricité pendant plusieurs heures, selon EDF, qui souligne que 85% du personnel n'est pas en grève.

Au centre hospitalier Andrée-Rosemon de Cayenne (CHAR), une petite partie du personnel réclame des effectifs et du matériel supplémentaire, ainsi que de meilleures conditions de travail.

"La situation à l'hôpital est telle que personne n'a envie de tomber malade", a expliqué à l'AFP Jules Florent, de l'UTG Dockers, joint par téléphone. "L'ensemble des syndicats de la plateforme portuaire a décidé de bloquer le port, en solidarité avec nos camarades de l?Énergie et du CHAR", a-t-il poursuivi.

Concernant EDF, "la direction a annoncé six créations de postes, c'est scandaleux", a-t-il dénoncé, estimant que l'État, actionnaire au sein d'EDF, doit "intervenir" dans les négociations. "Le gouvernement doit prendre ses responsabilités dans ces deux conflits sectoriels", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le président du Medef de Guyane Stéphane Lambert, a déploré mercredi que "de tels petits groupes d?hommes se permettent de décider qui pourra bénéficier de l?approvisionnement électrique ou bien, dans un autre domaine, d'isoler la Guyane par un blocage du port interdisant toutes livraisons de containers".

"Comment admettre, dans un pays démocratique, qu?un tel petit groupe d?hommes poursuive son ?uvre méthodique de blocage de toutes activités économiques?", a-t-il ajouté, déplorant que "l'état de droit soit ainsi gravement bafoué et que les pouvoirs publics restent inertes".

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