En Guyane, pénurie et exaspération

Libération.fr

Trois semaines après le début du blocage du territoire guyanais, la pénurie alimentaire pointe. A Cayenne, les marchés ne se tiennent plus. Quelques petits points de vente ont donc été installés mercredi matin par des maraîchers. Hormis quelques fruits de la passion, le vert domine : légumes-feuilles, basilic et céleri. «Ça commence à devenir compliqué. Dans les magasins, il n’y a plus grand-chose, et sur le marché il n’y a pas de fruits», déplore Léandre, 70 ans. «C’est la première fois que je viens sur le marché», témoigne une femme, avant de jurer que «s’il faut ne pas manger, on ne mangera pas». «J’ai payé quatre concombres 4 euros», maugrée-t-elle. Malins, des maraîchers ont dopé les prix.«Ils sont plus élevés. Mais on a alimenté deux fois gratuitement les barrages», défend le président de la chambre d’agriculture.

Dans l’ouest, à Maripasoula, les trois points d’entrée des denrées restent entravés. Cette commune de 11 000 habitants est accessible en pirogue ou par avion. «Après soixante ans de galère, au pire, on prendra notre fusil et notre canne à pêche ! Et on a toujours notre fameux kwak [manioc, ndlr]», sourit la porte-parole locale du mouvement, Mirta Tani.

La Guyane dépend à plus de 90 % des importations. Six navires en provenance essentiellement du Havre et de Trinidad ont été déroutés en trois semaines, rappelle Philippe Lemoine, directeur général du Grand Port maritime. L’accès routier au port a été levé lundi mais dockers et transporteurs n’ont pas repris leur activité. Faute d’avoir été acheminées, les cargaisons ont été déposées ici et là : 1 000 conteneurs à Paramaribo, aux Antilles, et 350 sur le port de commerce de la Guyane, à Rémire-Montjoly. Qui assumera les surcoûts estimés à «500 à 1 000 euros par conteneur» ? «En toute rigueur, c’est le client final qui paye. Mais ça va faire l’objet de discussions», note Philippe Lemoine.

Retrouvez cet article sur Liberation.fr

Pêche Dans l’Ouest, des dauphins tués en masse
Grand stade de Lille.
A Angers, le procès d’une nuit de rage identitaire
Droit de réponse de Mme Paterlini-Bréchot
Fermeture de Fessenheim : EDF obtient un report et atomise la promesse de Hollande

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages