Guyane : "On n'écoute pas les élus locaux, on les marginalise, et après c'est la rue qui prend le pouvoir"

franceinfo
Des milliers de Guyanais appellent la métropole à l'aide

Le gouvernement "n'a pas assez soutenu les élus locaux" qui "discutaient" avec la population en Guyane, c'est ce qui explique qu'"aujourd'hui l'État n'a plus d'interlocuteur institutionnel avec qui discuter", a déclaré mardi 28 mars sur franceinfo Patrick Karam, conseiller régional Les Républicains d'Île-de-France et ancien délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer pendant la présidence de Nicolas Sarkozy.

Pour remédier à la crise, il réclame que la loi sur l'égalité réelle, qu'il a défendue à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, soit "appliquée".

franceinfo : La situation en Guyane est-elle le résultat d'erreurs politiques ?

Patrick Karam : Ce qui se passe aujourd'hui est ce qui arrive après 70 ans de départementalisation. Ce qui arrive à la Guyane aurait pu se produire partout ailleurs. En 2009, c'était la Guadeloupe qui était en ébullition, la Martinique avait suivi. Vous avez des territoires avec deux à trois fois plus de chômage que la moyenne nationale, des taux de pauvreté qui explosent, un chômage des jeunes exponentiel, des retards de santé publique. La mortalité infantile est multipliée par cinq par rapport à l'hexagone. La Guyane est le premier territoire en termes de violence, il se rapproche du Brésil !

Quelles sont les réponses à apporter ?

Il faut sortir du plafond de verre issu de la départementalisation. Aujourd'hui, il y a une urgence à agir, or le gouvernement socialiste n'a eu de cesse que de marginaliser les élus locaux. On n'écoute pas les élus locaux, et après c'est la rue qui prend le pouvoir.

La métropole aurait négligé l'Outre-mer. Cela date ne date pas du quinquennat de François Hollande ?

Non, mais il faut apporter aujourd'hui des réponses politiques. Il y a un préalable : la sécurité. La Guyane est en urgence sociale. Il y a aussi l'ouverture aux bandes criminelles venues du Brésil, (...) Lire la suite sur Francetv info

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