Le centre spatial guyanais occupé par des délégués de manifestants

Joris FIORITI
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Manifestants rassemblés près du centre spatial de Kourou en Guyane, le 4 avril 2017

Kourou (AFP) - La situation paraissait bloquée mardi en Guyane, objet d'une grogne sociale sans précédent depuis deux semaines, après la décision d'une trentaine de délégués de manifestants à Kourou d'occuper le Centre spatial guyanais (CSG).

"Nous ne bougerons pas d'ici. La situation est figée, la Guyane est bloquée. Vous êtes bloqués. Nous voulons les milliards que nous avons demandés", a affirmé Manuel Jean-Baptiste, un membre du collectif Pou La Gwiyann dékolé, s?adressant a Didier Faivre, directeur du CSG, d'où décollent les fusées européennes Ariane. M. Faivre avait accepté de recevoir la délégation alors que plusieurs milliers de manifestants, se dirigeant vers le CSG pour affirmer leur "détermination", ont été bloqués à l'entrée du centre par un cordon de gendarmes.

Après plusieurs heures d'attente, il leur a annoncé une probable vidéo-conférence mercredi avec le directeur du Centre national d'études spatiales (Cnes) Jean-Yves Le Gall, qui viendra jeudi sur le site de Kourou, mais aucun retour du gouvernement. "Et bien on restera là jusqu'à jeudi", a instantanément lancé Olivier Goudet, le porte-parole des "500 frères", un groupe très populaire dont les membres défilent encagoulés.

Alors que les élus guyanais ont longtemps semblé absents de la mobilisation, plusieurs d'entre eux, dont le sénateur Antoine Karam (PS), l'ancien ministre Léon Bertrand (LR) et le député Gabriel Serville (PSG) font partie des occupants du centre spatial. "C'est important d'être là, c'est la solidarité", a réagi M. Bertrand.

Les manifestants, dont les revendications sont de nature sociale, économique et sécuritaire, entendent aussi protester contre les propos de Bernard Cazeneuve qui a refusé lundi les exigences financières "irréalistes" de ceux qui, à Paris comme à Cayenne, "réclament des milliards".

3,1 milliards d'euros

Ils étaient encore des centaines à 22H00 devant les grilles du centre spatial, dans une ambiance musicale et festive, selon le collectif. Lundi, le Premier ministre avait appelé à "poursuivre le dialogue" en Guyane, à l'issue d'une réunion rassemblant une bonne partie du gouvernement sur la situation dans cette collectivité. Au niveau financier, "je ne m'engagerai que sur ce quoi je sais pouvoir tenir", avait-il expliqué, 12 membres du gouvernement à ses côtés, dont la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, et le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, de retour de Guyane.

M. Cazeneuve s'exprimait au lendemain de l'ultimatum des responsables du mouvement, qui avaient exigé dimanche 2,5 milliards d'euros "tout de suite". Cette somme, qui tenait compte de plus d'un milliard d'euros proposé par le gouvernement, dont les engagements doivent être "actés" mercredi en Conseil des ministres, a depuis lors été revue à la hausse. Au total, le collectif demande désormais 3,1 milliards d'euros.

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, avait annoncé dimanche un durcissement de la mobilisation, expliquant entrer "dans un rapport de force avec l'État"

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